et le débat, de sorte que chacun y découvrit ce qu’il ignorait ; celui qui prit alors conscience de son incapacité la reconnut, l’homme sensé comprit l’excuse du défaillant, et l’on sut que l’une des marques de la perfection de la religion avec laquelle Allah — qu’Il soit exalté — a envoyé Son Messager (salla Llahu ʿalayhi wa sallam) réside dans le fait que la Sharîʿa renferme de telles sagesses et dispositions juridiques qui manifestent la grâce dont Allah a gratifié le parfait Dîn de l’Islam).
Il déclare encore (p. 950) :
« Les gens de science et de piété connaissent la vérité, se montrent miséricordieux envers les créatures et excusent celui qui les contredit, tout en étant certains qu’il s’est trompé et n’a pas compris. Quant aux gens des passions et des innovations, ils se trompent puis blâment celui qui les contredit et profèrent à son sujet des paroles mensongères : tantôt ils le déclarent mécréant, tantôt pervers, comme le font les Khâridjites, les Râfidites et autres adeptes de l’innovation. »
3 — La sévérité dans la réfutation de l’adversaire lorsque son erreur atteint un degré considérable ; ainsi a-t-il dit à propos d’al-Subkî (p. 773) :
« Quant à compiler les propos des savants sans qu’aucun Athar ne soit rapporté du Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam —, des Compagnons ou des Successeurs, c’est là une pratique introduite par les tardifs ; rien de semblable n’existait chez les Anciens. Une telle méthode ne sied point aux maîtres des maîtres de l’objecteur, à plus forte raison à lui-même et à ses semblables… » etc.
Cela concorde avec la méthodologie d’Ibn Taymiyya, qu’il a décrite en ces termes (1) :
« Vous savez également que ce qui peut se produire, à Damas naguère ou maintenant en Égypte, de rudesse ou d’âpreté à l’égard de certains compagnons et frères, ne saurait constituer pour celui qui la subit ni déshonneur ni diminution. Il n’en résulte pour nous aucun changement d’attitude ni aucune rancœur ; bien au contraire, celui qui a fait l’objet de cette sévérité et de cette rudesse en ressort plus élevé en dignité, plus renommé, plus aimé et plus estimé. De fait, ces questions relèvent des intérêts des croyants, par lesquels Allah réforme les uns par les autres ; car le croyant, vis-à-vis de son frère croyant, est semblable aux deux mains, chacune lave l’autre…"}