Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il peut s’acquitter de ce qui lui est devenu obligatoire comme il peut ne pas s’en acquitter ; en revanche, celui qui a suspendu l’effet même (du divorce ou de l’affranchissement) n’est plus en mesure de se rétracter par rapport à la portée de son acte.

Quant à celui qui subordonne le divorce ou l’affranchissement à une condition, l’objet même de sa formulation est que l’épouse devienne divorcée et que l’esclave devienne libre ; il ne vise nullement à initier pour eux un divorce ou un affranchissement nouveau. Tel est le sens de ses paroles et l’intention qui les sous-tend, et il existe entre ces deux conceptions un écart considérable ; la distinction entre cela et le vœu de contestation apparaît ainsi nettement.

Certes, il y a bien une ressemblance dans la mesure où, dans l’un comme dans l’autre cas, l’intéressé se retient du fait conditionné ou s’y incite (1) ; mais les motifs diffèrent (2) : dans le vœu de contestation, c’est la crainte de voir devenir obligatoire ce qu’il s’est engagé à accomplir dans cette éventualité ; ici, c’est la crainte de la réalisation de l’effet qu’il a suspendu à cette éventualité. C’est uniquement sous cet angle que s’opèrent l’incitation et l’abstention ; voilà donc une différence manifeste et claire qui prouve que ceci ne relève nullement, de près ou de loin, du vœu de contestation.

C’est pour cette raison — et Allâh est plus Savant — que l’Imâm Abû l-Fatḥ Muḥammad ibn Maḥmûd at-Tûsî (3), l’un des grands savants shâfi‘ites tardifs, donnait pour avis juridique, à propos de la formule : « Le divorce m’incombe », qu’il n’y a pas de parjure (ḥinth). Il disait : « S’engager à ce qui n’est pas obligatoire ne devient pas obligatoire », propos qui est abondamment transmis de sa part (4).

(1) Dans le texte originel : «أوجَبَها», confirmé par l’édition al-Taḥqīq. (2) Dans l’original : «بشيئين», confirmé par al-Taḥqīq. (3) Shihāb al-Dīn Muḥammad b. Maḥmūd b. Muḥammad, Abū al-Fatḥ al-Ṭūsī al-Shāfiʿī, résident du Caire, l’une des références majeures pour les fatwâs selon l’école shâfiʿite ; né en 522/1128, décédé en 596/1199-1200. Voir sa notice biographique dans : Taʾrīkh al-Islām (t. 12, p. 1088), Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya d’Ibn Kathīr (t. 2, p. 699), Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya al-Kubrā (t. 6, p. 401). (4) Dans la note de ʿUmayra (t. 3, p. 325) : «Et il rapporte également dans al-Maṭlab d’après al-Ṭūsī — élève d’Ibn Yaḥyā, disciple d’al-Ghazālī — qu’il fatwâit qu’il n’y avait pas de divorce (ṭalāq) dans la formule “ʿalayya al-ṭalāq”, même si l’énonciateur entendait par là “le divorce m’engage”, car c’est un engagement qu’il n’a pas à assumer. Et il disait : “Le ṭalāq a été institué pour la dissolution du nikāḥ et non pour le serment.”» Après en avoir fait le récit, al-Zarkashī ajoute : «Le plus juste est de considérer qu’il y a bien divorce, en raison de l’usage établi du terme, comme si cet usage n’était pas encore admis à son époque.» Voir aussi : al-Najm al-wahhāj (t. 7, p. 485).
قد يفي بما وجب عليه وقد لا يفي، وأما المعلق للوقوع فغير متمكن من الرجوع عن مقتضاه. والمعلِّقُ للطلاق والعتق؛ المشروطُ في كلامه صيرورةُ المرأة طالقًا والعبد حرًا، لا أنه ينشئ لهما طلاقًا وعتقًا، هذا مقتضى كلامه ومقصوده، وبين المعنيين بونٌ عظيم؛ فقد لاح الفرق بين هذا وبين نذر اللجاج. نعم؛ هو فيه شَبَهٌ من جهة أَنَّ كلًّا منهما مَنَعَ نفسه من الشرط المذكور أو حَثَّهَا (١) ، ولكنه بسببين (٢) مختلفين؛ في نذر اللجاج بسبب خوفه من لزوم ما التزمه على ذلك التقدير، وهنا بسبب خوفه من وقوع ما أوقعه على ذلك التقدير، وما حصل الحث والمنع إلا بهذا الاعتبار؛ فهذا فَرْقٌ جليٌّ واضح يُبين أَنَّ هذا ليس من نذر اللجاج في ورد ولا صَدَر. ومن هنا ــ والله أعلم ــ كان الإمام أبو الفتح محمد بن محمود الطوسي (٣) ــ أحد الأئمة من متأخري الشافعية ــ يفتي في قوله: الطلاق يَلزمني؛ بعدم الحنث، ويقول: التزام ما لا يلزم فلا يلزم، وذلك مستفيضٌ عنه (٤) .
(١) في الأصل: (أَوْجَبَهَا)، والمثبت من «التحقيق». (٢) في الأصل: (بشيئين)، والمثبت من «التحقيق». (٣) هو: شهاب الدين محمد بن محمود بن محمد، أبو الفتح الطوسي الشافعي، نزيل مصر، ممن عليه مدار الفتاوى في مذهب الشافعي، ولد سنة (٥٢٢)، وتوفي سنة (٥٩٦). انظر في ترجمته: تاريخ الإسلام (١٢/ ١٠٨٨)، طبقات الشافعية لابن كثير (٢/ ٦٩٩)، طبقات الشافعية الكبرى (٦/ ٤٠١). (٤) قال في حاشية عميرة (٣/ ٣٢٥): (وكذا حَكى في المطلب عن الطوسي ــ تلميذ ابن يحيى صاحب الغزالي ــ أنه كان يُفتي بعدم الوقوع في قول: عليَّ الطلاق، وإنْ نوى في قول القائل: الطلاق يلزمني، لأنه التزام ما لا يلزمه. وكان يقول: الطلاق وُضِعَ لِحَلِّ النكاح لا لليمين. قال الزركشي بعد حكاية ذلك: والحق الوقوع، لاشتهاره في معنى الطلاق، وكأنه لم يشتهر له في ذلك الزمان). وانظر: النجم الوهاج (٧/ ٤٨٥).

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