Ainsi, lorsqu’il dit : « La distinction repose sur le fait qu’il ne les a pas comptés parmi les serments, puisqu’à ses yeux ils n’impliquent ni kaffâra ni clause d’exception, selon l’un des deux récits rapportés de lui », on peut l’entendre ainsi : il s’agit d’un divorce et d’un affranchissement suspendus (1) à une condition ; ils prennent donc effet lorsque la condition se réalise. Or la preuve a établi que les considérer comme des serments est l’avis correct, attesté par le Livre et la Sunna ; il convient dès lors d’appliquer à celui qui jure par ces formules la règle commune à tous les serments, sans les traiter tantôt comme un serment, tantôt comme autre chose. Affirmer, par exemple : « Jurer par elles constitue bien un serment pour la clause d’exception, mais non pour la kaffâra, ni pour l’îlâʾ », revient à une contradiction manifeste. Il faut plutôt dire, à propos du serment formulé par leur entremise, ce qui a été dit pour le serment assorti d’un vœu : à savoir qu’il s’agit d’un serment tant pour la kaffâra que pour la clause d’exception – et de même pour l’îlâʾ, selon l’opinion correcte qui est l’apparence du madhhab de l’Imâm Aḥmad, ainsi que l’ont rapporté Abû Bakr ‘Abd al-‘Azîz [148/أ] et d’autres, la plupart des textes d’Aḥmad l’attestant.
Quant à l’idée selon laquelle le serment assorti d’un vœu ne constituerait pas un îlâʾ, et que l’îlâʾ ne se produirait que lorsqu’on jure au Nom d’Allâh – comme l’ont retenu al-Kharqî, le Qâḍî et un groupe –, il s’agit d’une opinion très faible, semblable à l’ancienne position d’al-Shâfi‘î. Elle concorde avec l’avis de ceux qui ne considèrent pas le serment par un vœu comme un serment expiable ni même comme un vœu, ne lui reconnaissant aucun effet juridique, ainsi qu’on le rapporte de certains Salaf ; c’est également l’avis de Dâwud et d’Ibn Jarîr aṭ-Ṭabarî (2).
Dès lors, si l’on affirme : « Le serment fondé sur un vœu n’est ni serment ni vœu », il en découle logiquement que l’îlâʾ ne se conclut pas par lui. En revanche, quand on considère qu’il oblige à la kaffâra ou à l’exécution du vœu, soutenir qu’il ne fait pas naître l’îlâʾ est une opinion extrêmement faible, dépourvue de tout fondement juridique.