Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ceci est rapporté d’Ibn Masʿūd, d’Ibn ʿAbbās, de Jâbir et de ʿÂʾishah – qu’Allah les agrée –, et c’est l’avis de la grande majorité des anciens (salaf) et des postérieurs (khalaf).

Abû Muḥammad (1) a dit : « Je ne connais, dans ce sujet, d’opposant qu’ash-Shâfiʿî, lequel affirme : “Son vœu ne prend pas effet et aucune expiation n’en découle, car certains vœux n’impliquent pas d’expiation.” Puis il a dit encore : “Si je fais telle chose, il m’incombe un vœu”, alors il lui incombe l’expiation d’un serment. Il a donc rendu obligatoire l’expiation de ce serment sans prononcer le Nom d’Allah – Très-Haut –. »

Quant à l’objection formulée : « Dans un vœu prononcé par entêtement ou sous l’effet de la colère, l’intéressé s’est astreint à une chose qu’il a rendue obligatoire pour lui-même, ce qui le rapproche du serment prêté par Allah – Très-Haut –, alors qu’ici il n’en est rien »,
on lui répond : « Cette parole contredit ta propre affirmation : “Quel est donc le lien commun ? Car, dans les serments faits par Allah et Ses Attributs, le motif de l’obligation d’expiation est la profanation du Nom vénéré, chose qui n’existe pas ici.” »

On te dira donc : Si tel est bien le fondement de l’obligation, alors, là où l’obligation est inexistante, l’expiation doit disparaître, notamment dans le vœu d’entêtement et de colère, puisqu’y fait défaut ce motif. Ensuite, lorsque tu assimiles le vœu d’entêtement et de colère au serment au motif commun que l’intéressé s’est imposé quelque chose, le fondement de l’obligation devient qu’il s’est imposé à lui-même une chose ; et ce fondement est plus général que le précédent. Ainsi te contredis-tu dans un même propos, court et continu.

De plus, lorsqu’un homme s’impose une chose qu’il a rendue obligatoire pour lui-même, cela relève de la définition du vœu et non du serment. Il convenait donc de considérer cela comme un vœu l’obligeant à accomplir ce qu’il s’est imposé, sans y fixer d’expiation. Un tel discours correspond à l’opinion de ceux qui considèrent le “vœu-serment” (nadhru l-yamîn) comme un vœu obligatoire.

(1) Al-Mughni, vol. 13, p. 624.
وهذا منقول عن ابن مسعود وابن عباس وجابر وعائشة - رضي الله عنهم -، وهو قول عامة السلف والخلف. قال أبو محمد (١) : (لا أعلم فيه مخالفًا إلا الشافعي قال: لا ينعقد نذره ولا كفارة فيه، لأنَّ من النذور ما لا كفارة فيه، ثم إنه قال: إذا فعلت كذا فعليَّ نذر، فعليه كفارة يمين؛ فأوجب الكفارة في هذه اليمين بدون ذكر اسم الله ــ تعالى ــ) . وأما قول المعترض: (وفي نذر اللجاج والغضب التزم شيئًا أوجبه على نفسه فأشبه اليمين بالله ــ تعالى ــ، وهاهنا ليس كذلك) . فيقال له: فهذا الكلام ينقض قولك: (ما الجامع؟ فإنَّ الأيمان بالله وصفاته مدرك وجوب الكفارة فيها انتهاك الاسم المعظَّم، وإنه غير موجود هنا) . فيقال لك: إذا كان هذا هو مدرك الوجوب فحيث انتفى الوجوب وجب أن تنتفي الكفارة في نذر اللجاج والغضب لانتفاء هذا القول، ثم إذا قِسْتَ نذر اللجاج والغضب على اليمين بجامعٍ بينهما، وهو أنه التزم شيئًا أوجبه على نفسه كان مدرك الوجوب أنه التزم شيئًا أوجبه على نفسه، وهذا المدرك أعم من ذاك؛ فتناقضتَ في كلامٍ واحدٍ قليلٍ متصلٍ بعضه ببعض. وأيضًا؛ فإنه إذا التزم شيئًا أوجبه على نفسه، فهذا معنى النذر لا معنى اليمين، فكان يجب جعل هذا نذرًا موجِبًا على [١٤٦/ أ] نفسه ما أوجبه لا يجعل فيه كفارة، وهذا الكلام يناسب قول من يجعل نذر اليمين نذرًا واجبًا
(١) المغني (١٣/ ٦٢٤).

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