Dès lors qu’il s’agit d’une atteinte directe à Sa Personne même, l’obligation de l’expiation consécutive à cette transgression (1) est d’autant plus impérative que celle qui est due à la simple profanation de Son Nom.
Si quelqu’un déclare : « Wa-īmallāh » ou « Wa-aymanallāh », il s’agit d’un serment entraînant l’expiation dès lors qu’il l’a prononcé en pleine conscience de son intention, sans aucun doute. Quant à l’énonciation de ces formules de manière absolue, deux avis célèbres sont rapportés. Ces expressions représentent le pluriel de yamin (serment) ; l’intéressé a donc prêté serment par les serments d’Allah et non par Son Nom propre.
De même, s’il dit : « Il m’incombe le pacte (ʿahd) d’Allah et Son engagement (mīthāq) : je le ferai », cela constitue un serment selon l’accord des imams. Et s’il ajoute : « Il m’incombe le pacte d’Allah et Son engagement : je le ferai » (2), la majorité le considère également comme un serment.
S’il se borne à dire, de façon absolue : « Le pacte et l’engagement : je le ferai », cette formule est un serment lorsqu’il en a l’intention ; lorsqu’il la prononce sans intention précise, deux opinions – deux versions rapportées d’après Aḥmad – existent à ce sujet, tout comme lorsqu’il dit : « Je jure, je prête serment », sans pour autant jurer ici par l’un des Noms divins.
ʿĀʾisha – qu’Allah l’agrée – prêta serment par le « pacte » de ne plus adresser la parole à Ibn az-Zubayr – qu’Allah les agrée tous deux – ; lorsqu’elle finit par lui parler, elle affranchit quarante esclaves. Chaque fois qu’on lui rappelait cette affaire, elle pleurait et répétait : « Wa-ʿahdāh ! » (3)
Aḥmad ibn Ḥanbal – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : « Le pacte est une chose grave ; il est mentionné en dix endroits du Livre d’Allah » (4).