Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

La « violation du Nom suprême » n’existe donc pas en l’occurrence.
On rétorque : voilà une affirmation purement gratuite, dépourvue de toute preuve, qu’elle soit catégorique ou même seulement plausible ; cette absence d’argument suffit à la rejeter. Dès lors, nous ne concédons nullement que ce soit là le fondement de l’obligation d’expiation.

Nous affirmons ensuite qu’il est notoire que la majorité des savants – pour ne pas dire leur unanimité – soutiennent le contraire : l’expiation devient obligatoire même sans profanation du Nom magnifié.

En effet, selon Mālik, Abū Ḥanīfah et Aḥmad – d’après ses textes explicites et l’opinion dominante de son école –, le serment par Allah se forme au moyen d’expressions allusives. Ainsi, si quelqu’un dit : « Je jure » ou « Je prête serment » sans mentionner absolument le Nom d’Allah, son propos constitue un serment pour ces trois imams et pour la plupart des jurisconsultes. Toutefois, chez Mālik et, dans l’une des deux versions, chez Aḥmad, cette formule est équivoque ; il faut donc l’intention de prêter serment. Chez Abū Ḥanīfah et, dans l’autre version, chez Aḥmad, elle vaut serment d’emblée : elle est alors considérée comme explicite.

De même, si l’on déclare : « Si j’accomplis telle chose, il m’incombe un vœu » ou « … un serment », puis que l’on transgresse cet engagement, l’expiation devient également due. Et si l’on dit simplement : « Il m’incombe un vœu », l’expiation du serment – voire davantage – incombe à la personne selon la quasi-totalité des Anciens et des Modernes, certains ayant même rapporté à ce sujet un consensus.

(1) D’après le Prophète – paix et bénédictions sur lui –, il a dit :
« Quiconque fait un vœu sans en préciser l’objet devra s’acquitter de l’expiation du serment. »

(2) Le seul à avoir contesté ce point est ash-Shâfiʿî ; pourtant, ash-Shâfiʿî – qu’Allah lui fasse miséricorde – impose lui aussi l’expiation du serment sans qu’il y ait atteinte au Nom d’Allah.

(1) Biāḍ désignait à l’origine l’équivalent d’un mot ou de deux mots, et pourrait être le titre de l’un des ouvrages de la Sunna ayant transmis ce ḥadīth. (2) Sa chaîne de transmission a été présentée précédemment (pp. 362-363).
انتهاكُ الاسم المعظَّم، وأنه غير موجود هاهنا). فيقال: هذه دعوى مجردة، لم يذكر عليها حجة أصلًا، لا بينة ولا شبهة، ويكفي في ذلك المنع؛ فيقال: لا نسلِّم أنَّ هذا مدرك وجوب الكفارة. ثم نقول: من المعلوم أَنَّ جمهور العلماء، بل جميعهم على خلاف ذلك، وأَنَّ الكفارة تجب بدون انتهاك الاسم المعظم. أما مالك وأبو حنيفة وأحمد في منصوصه وظاهر مذهبه؛ فإن اليمين بالله تنعقد عندهم بالكنايات، فلو قال: أُقسم أو أَحلف ولم يذكر اسم الله البتة كانت يمينًا عند الثلاثة وأكثر العلماء، لكن عند مالك وأحمد في إحدى الروايتين هي كناية فلا بُدَّ أن ينوي اليمين، وعند أبي حنيفة وأحمد في الرواية الأخرى هي يمين عند الإطلاق، فهي صريح في اليمين. ولو قال: إِنْ فعلت كذا فعليَّ نذر أو يمين وحنث وجبت الكفارة أيضًا. ولو قال: عليَّ نذر لزمته كفارة يمين أو أكثر منها عند عامة السلف والخلف، وذكر بعضهم هذا إجماعًا، وفي [ ... ] (١) عن النبي - صلى الله عليه وسلم - أنه قال: «من نذر نذرًا ولم يُسَمِّهِ، فكفارته كفارة يمين» (٢) وإنما نازع في هذا الشافعي. ثم الشافعي - رضي الله عنه - يوجب كفارة اليمين من غير انتهاكٍ لاسم الله
(١) بياض في الأصل مقدار كلمة أو كلمتين، ولعله اسم أحد كتب السنة التي روت الحديث. (٢) تقدم تخريجه في (ص ٣٦٢ - ٣٦٣).

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