Tu y annexes également les formulations qui ne sont pas textuellement mentionnées, alors que le texte vise les serments des musulmans ; il est donc obligatoire d’établir la règle pour l’ensemble des serments des musulmans. Ainsi, toute formule que l’on croit ne pas être une formule de serment, si son sens est celui d’un serment, je l’y rattache (1), tandis que toi, tu as érigé la formule suspensive en principe et tu y as assimilé la formule explicite du serment.
Or la formule suspensive n’a jamais servi à Allah ni à Son Messager – paix et bénédiction sur lui – à suspendre quelque disposition légale que ce soit, ni pour l’affirmer ni pour la nier ; on la renvoie simplement à sa signification : si son sens est celui d’un vœu (nadhr), c’est un vœu ; s’il s’agit d’une gratifikation (jaʿālah), c’est une jaʿālah ; s’il s’agit d’une procuration (wakālah), c’est une wakālah ; s’il signifie affranchissement ou divorce, c’est un affranchissement ou un divorce ; et s’il signifie khulʿ, c’est un khulʿ (2).
Dire « formule suspensive » est semblable à dire « formule assertive », « formule impérative », « proposition conditionnelle », « proposition négative », « proposition affirmative », etc. C’est le nom donné à la structure linguistique qui subordonne un second élément au premier, et cette structure, en elle-même, n’est pas une caractéristique ayant d’effet sur les statuts juridiques ; le Législateur ne lui a rattaché aucune règle spécifique ; les statuts varient plutôt en fonction de la diversité de ses catégories et de ses significations.
Ainsi, puisque la suspension d’un vœu est tantôt un vœu et tantôt un serment – le vœu demeurant un vœu et le serment un serment –, de la même manière la suspension du divorce est tantôt un serment et tantôt un divorce effectif : le serment reste un serment et le divorce un divorce. Il apparaît donc clairement que la réponse de l’interlocuteur est correcte.
Et lorsqu’il s’agit d’un serment, la violation n’entraîne pas la réalisation de ce sur quoi l’on a juré ; elle impose seulement l’expiation, comme dans toutes les autres formes de serments.