– Exalté soit-Il – a dit :
« Telle est l’expiation de vos serments lorsque vous en avez prêté. »
(Al-Mâ’ida, v. 89)
Et cela relève, en outre, du même sens que le vœu (nadhr).
La majorité a reconnu la différence entre la suspension qui vise le serment – et, pour celle-ci, ils ont institué l’expiation – et la suspension qui vise à rendre obligatoire l’objet voué ; pour cette dernière, ils n’ont pas admis l’expiation, mais ont jugé que ce qui y est suspendu devient obligatoire. Ce sens se retrouve dans la suspension du divorce et de l’affranchissement : s’il est motivé par l’intention de serment, l’expiation est requise ; s’il est motivé par la volonté de produire immédiatement l’effet suspendu, aucune expiation n’est due.
De fait, la raison pour laquelle cette formule est considérée comme un serment expiable se trouve également ici : la personne s’est engagée, en cas de transgression, à supporter quelque chose dont elle déteste la réalisation ; à l’inverse, celui qui cherche à produire l’effet n’assume pas, en cas de transgression, ce qu’il déteste, mais ce qu’il souhaite – comme dans la suspension destinée à faire survenir l’effet ou à formuler une menace.
Par ailleurs, le Coran et la Sunna n’ont rattaché l’expiation qu’à ce qui est désigné comme « serment » des croyants, et cette signification se retrouve sous quelque forme que ce soit (1).
De plus, l’adversaire ne circonscrit pas la discussion à la forme suspensive : même si quelqu’un, selon lui, prête serment par la formule explicite du serment en disant : « Le divorce m’incombera si je ne fais pas telle chose » ou : « Mon épouse est divorcée si je ne fais pas telle chose », il s’agit pourtant d’une formule de serment dont l’apodose est introduite par la lâm du serment (2), et malgré cela il ne la considère pas comme un serment nécessitant expiation.
S’il objecte : « Le sens de ses paroles est celui d’un suspendant, bien que la forme soit celle d’un serment ; je l’ai donc assimilé au suspendant », on lui répond : « Tu as inversé la Sharîʿa ; il incombait plutôt de prendre pour fondement ce qui est expressément stipulé…»