Nous nous appuyons, pour étayer cette hypothèse, sur le fait que les ouvrages biographiques n’indiquent pas qu’il ait, cette fois-là, été empêché d’écrire ; c’est également la conclusion à laquelle est parvenu le shaykh, l’éminent savant Bakr ibn ʿAbd Allâh Abû Zayd – qu’Allâh lui fasse miséricorde – (1).
[Cinquième section : La méthodologie d’Ibn Taymiyya dans cet ouvrage]
La méthodologie scientifique d’Ibn Taymiyya – qu’Allâh lui fasse miséricorde – dans la réfutation de ses contradicteurs en général, et dans la présente réplique en particulier, se distingue par de nombreux traits que l’on peut résumer ainsi :
1 – Il fonde ses démonstrations sur le Livre et la Sunna, le consensus (ijmâʿ), l’analogie correcte (qiyâs sahîh), les récits des Compagnons et les paroles des pieux prédécesseurs, tout en exposant les méfaits qu’implique l’opinion contraire ; ce faisant, l’adversaire est conduit soit à se rallier à son avis, soit, au minimum, à considérer la question comme relevant d’un domaine de divergence recevable.
2 – Il traite l’auteur réfuté conformément à la méthodologie des Salaf, avec justice et équité. Parmi les manifestations de cette attitude :
a) Il explicite les significations correctes et erronées que peuvent receler les propos du contradicteur, en relevant ce qu’ils comportent d’ambiguïté, et ainsi de suite. Cela apparaît nettement en de nombreux passages de la présente réplique. Il a exposé cette démarche dans sa réfutation adressée à al-Shâdhilî (p. 191), où il déclare : « C’est pour cette raison, entre autres, que nous mentionnons les différentes significations qu’un terme peut comporter, dans la mesure où son auteur pourrait avoir voulu exprimer une vérité, tant que son intention n’est pas clairement établie ; mais lorsque son véritable dessein devient manifeste, il n’est plus nécessaire pour nous d’avancer des hypothèses possibles. » (2)