et j’ai donné mille (dirhams) en aumône, ou encore : « Si Allah guérit mon malade, alors le tiers de mes biens sera une aumône, mon chameau un hady, et cette brebis une ʿudhiyah », et tout ce qui s’y apparente. Or, si le simple fait de prononcer ces formules sans prêter serment par le Nom d’Allah suffit à faire de l’intéressé un auteur de vœu, leur adjonction d’un serment rend l’engagement d’autant plus contraignant.
De même, lorsque quelqu’un dit : « Si Allah me rétablit, il m’incombe de jeûner un mois », il est tenu pour lieur de vœu, même s’il n’ajoute pas : « J’ai envers Allah l’obligation de… », selon la majorité des savants ; c’est l’avis de Mâlik, ash-Shâfiʿî, Aḥmad et d’autres encore.
Ibn ʿUmar – qu’Allah les agrée tous deux – fut interrogé au sujet d’un homme qui disait : « Il m’incombe de me rendre à la Kaʿba à pied. » Il répondit : « C’est un vœu ; qu’il s’y rende donc à pied. »(1)
Par ailleurs, si quelqu’un déclare : « Il est sur moi un vœu », il y est tenu sans qu’aucune divergence, à notre connaissance, ne subsiste à ce sujet.
La formulation du vœu mentionnée dans le Coran est la parole d’Allah :
« Si Allah nous accorde de Sa grâce, nous ferons certes l’aumône et nous serons assurément parmi les gens de bien. » [at-Tawba, 75]
Aucun terme précis n’est exigé pour le vœu ; toute expression impliquant que l’on s’oblige envers Allah à accomplir quelque chose constitue un vœu(2).
Les savants ont divergé quant à savoir si l’engagement est établi sans prononcer de paroles ; par exemple, lorsqu’une personne achète une bête destinée au sacrifice et l’intentionne pour Allah. Deux avis connus existent à ce sujet.
Quant à l’objection : « Cela est admis par celui qui reconnaît la validité du vœu par la seule intention ; pour celui qui ne l’admet pas, la question reste discutable », elle n’est pas fondée, car, en l’espèce, aucun vœu n’a réellement été émis.