Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il ressort donc — [140/a] de l’absence de connaissance d’une divergence parmi les Anciens, si celle-ci est tenue pour un consensus recevable — qu’il faut assimiler le divorce, l’affranchissement et les autres cas. Or, puisque des paroles authentiquement rapportées de certains Compagnons prescrivent l’expiation, il en découlerait qu’elle est requise pour tous, ainsi que l’indiquent le Livre et la Sunna. Et si l’on ne considère pas cette absence de divergence comme un consensus probant, la prétention d’un consensus quant à cette obligation s’écroule ; l’invalidité de leur argumentation est donc établie dans les deux hypothèses.

Section
Il a dit :
« Et sa parole : “Lorsque quelqu’un jure d’accomplir des actes de piété, il les a voués ; le serment ne fait qu’y ajouter une confirmation.” »
L’expression laisse entendre que le simple fait de jurer d’exécuter des œuvres pieuses les fait passer au rang de vœu, ce qui est inadmissible : la réalité du serment n’est pas celle du vœu. Que le serment apporte une confirmation supplémentaire n’implique nullement qu’il transforme l’engagement en vœu. Si tel était le cas, il deviendrait obligatoire d’honorer tout acte pieux objet d’un serment, il ne serait plus permis de s’en défaire par l’expiation, et prêter serment dans ce domaine serait réprouvé, puisqu’il relèverait alors du vœu ; or le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a interdit le vœu(1). De plus, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a bel et bien prêté serment au sujet d’actes de bien, comme lorsqu’il déclara :
« Par Allah, je mènerai bel et bien une expédition contre Quraych »(2).

(1) Déjà mentionné supra (p. 375) ; hadith mutafaqun ‘alayhi d’Ibn ‘Umar (qu’Allah soit satisfait des deux), rapporté par al-Bukhârî et Muslim. (2) Rapporté par Abû Dâwûd (nº 3285–3286) de ‘Ikrima, présenté de façon mursal. Il figure également chez Ibn Ḥibbân dans son Ṣaḥîḥ (t. 10, p. 185) et chez al-Ḍiyâ’ dans al-Mukhtaṣarah (t. 12, pp. 74–75) d’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah soit satisfait des deux). Selon Abû Ḥâtim ar-Râzî, il est plus vraisemblablement mursal. Voir encore ʿIlal al-Ḥadîth (t. 4, p. 145), Naṣb al-Râyah (t. 3, pp. 302–303) et al-Badr al-Munîr (t. 9, p. 445).
فَعُلِمَ [١٤٠/ أ] من عدم العلم بالنزاع بين السلف إِنْ جُعِلَ إجماعًا يُحتجُّ به، فإنه يلزم من ذلك التسوية بين الطلاق والعتق وغيرهما، وهذا مع ثبوت القول بالتكفير عن أعيان الصحابة، فيلزم تكفير الجميع كما دل عليه الكتاب والسنة، وإِنْ لم يُجعل إجماعًا يحتج به= بطل دعوى الإجماع على لزوم ذلك، فثبت بطلان حجتهم على التقديرين. فصلٌ قال: (وقوله: (وإذا حلف على أفعال بِرٍّ ليفعلها فقد نَذَرَهَا؛ فإنَّ القَسَمَ زادها توكيدًا) ؛ ظاهره: أَنَّ مجرد الحلف على أفعال البر تُصَيِّرُهَا منذورة وهو ممنوع، فإنَّ حقيقة اليمين غير حقيقة النذر، وكون القسم زادها توكيدًا لا يلزم منه أَنْ يكون جعلها منذورة، ولو كان كذلك= لوجب الوفاء بكلِّ ما يحلف عليه مِنْ أفعال البر، ولا يجوز التخلص منه بالكفارة، ولكان الحلف على ذلك مكروهًا، لأنه حينئذٍ يدخل في النذر، وقد نهى النبي - صلى الله عليه وسلم - عن النذر (١) ، وقد حلف النبي - صلى الله عليه وسلم - على أفعال البر مثل قوله: «والله لأغزونَّ قريشًا» (٢) .
(١) تقدم في (ص ٣٧٥)، وهو متفق عليه من حديث ابن عمر - رضي الله عنهما -. (٢) أخرجه أبو داود (٣٢٨٥ - ٣٢٨٦) عن عكرمة مرسلًا. وأخرجه ابن حبان في صحيحه (١٠/ ١٨٥)، والضياء في المختارة (١٢/ ٧٤ - ٧٥) عن ابن عباس - رضي الله عنهما -. وقال أبو حاتم الرازي: الأشبه إرساله. وانظر: علل الحديث (٤/ ١٤٥)، نصب الراية (٣/ ٣٠٢ - ٣٠٣)، البدر المنير (٩/ ٤٤٥).

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