Il a été dit :
Le corollaire nécessaire d’un madhhab, lorsque l’adepte dudit madhhab en prend connaissance et ne l’assume pas, constitue une contradiction. Or l’être humain est enclin à la contradiction ; s’il découvrait la conséquence nécessaire de sa parole, il renoncerait à l’énoncé qui la porte. C’est pourquoi l’on affirme : « Le corollaire nécessaire d’un madhhab n’est pas, en soi, un madhhab. »
La discussion porte exclusivement sur le corollaire d’un propos valide – et le corollaire de la vérité est lui-même vérité –, ou sur le corollaire d’un propos relevant d’un ijtihâd recevable, sur ce qui résulte de ce propos, sur la conséquence indiquée par son expression et son raisonnement, ainsi que sur les corollaires qui n’entachent pas leurs auteurs, mais, au contraire, les honorent (1).
Celui qui a dit : « Le corollaire nécessaire d’un madhhab n’est pas un madhhab », n’a visé par là qu’à repousser les blâmes outranciers et les accusations d’apostasie lancés contre les adeptes des écoles doctrinales : en effet, les énoncés de certains d’entre eux entraînent des corollaires qui contredisent le Livre, la Sunnah, le consensus et la raison saine, corollaires qui mèneraient à l’égarement quiconque les accepterait. Leurs adversaires veulent les dénigrer par ces corollaires ; on leur répond donc : « Le corollaire nécessaire d’un madhhab n’est pas un madhhab. »
Ainsi, quiconque avance une affirmation dont les corollaires ne lui avaient pas traversé l’esprit est tenu de les admettre lorsque ceux-ci se présentent à lui et qu’il en perçoit la corruption. S’il refuse de les admettre alors qu’ils s’imposent, cela prouve la fausseté de l’énoncé initial. À l’inverse, si l’on soutient la validité de l’énoncé qui les implique, il devient impératif de reconnaître également la validité de ses corollaires ; la justesse de la prémisse entraîne en effet, de façon décisive, la justesse de la conséquence, puisqu’il est impossible de réaliser l’une sans réaliser l’autre.