Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il a été dit :
Le corollaire nécessaire d’un madhhab, lorsque l’adepte dudit madhhab en prend connaissance et ne l’assume pas, constitue une contradiction. Or l’être humain est enclin à la contradiction ; s’il découvrait la conséquence nécessaire de sa parole, il renoncerait à l’énoncé qui la porte. C’est pourquoi l’on affirme : « Le corollaire nécessaire d’un madhhab n’est pas, en soi, un madhhab. »

La discussion porte exclusivement sur le corollaire d’un propos valide – et le corollaire de la vérité est lui-même vérité –, ou sur le corollaire d’un propos relevant d’un ijtihâd recevable, sur ce qui résulte de ce propos, sur la conséquence indiquée par son expression et son raisonnement, ainsi que sur les corollaires qui n’entachent pas leurs auteurs, mais, au contraire, les honorent (1).

Celui qui a dit : « Le corollaire nécessaire d’un madhhab n’est pas un madhhab », n’a visé par là qu’à repousser les blâmes outranciers et les accusations d’apostasie lancés contre les adeptes des écoles doctrinales : en effet, les énoncés de certains d’entre eux entraînent des corollaires qui contredisent le Livre, la Sunnah, le consensus et la raison saine, corollaires qui mèneraient à l’égarement quiconque les accepterait. Leurs adversaires veulent les dénigrer par ces corollaires ; on leur répond donc : « Le corollaire nécessaire d’un madhhab n’est pas un madhhab. »

Ainsi, quiconque avance une affirmation dont les corollaires ne lui avaient pas traversé l’esprit est tenu de les admettre lorsque ceux-ci se présentent à lui et qu’il en perçoit la corruption. S’il refuse de les admettre alors qu’ils s’imposent, cela prouve la fausseté de l’énoncé initial. À l’inverse, si l’on soutient la validité de l’énoncé qui les implique, il devient impératif de reconnaître également la validité de ses corollaires ; la justesse de la prémisse entraîne en effet, de façon décisive, la justesse de la conséquence, puisqu’il est impossible de réaliser l’une sans réaliser l’autre.

(1) C’est ainsi que je l’ai lu.
قيل: لازم المذهب إذا عَرَفَ به صاحب المذهب ولم يلتزمه كان تناقضًا، ولمَّا كان الإنسان يجوز عليه التناقض، وكان لو عَرَفَ لازم قوله لرجع عن ذلك القول الملزوم؛ لهذا قيل: لازم المذهب ليس بمذهب. والكلام إنما هو في لازمِ قولٍ صحيح، ولازم الحقِّ حَقٌّ، أو في لازمِ قولٍ يسوغ فيه الاجتهاد، واللازم لذلك، وفي لازمٍ دَلَّ عليه لفظه وتعليله، وفي اللوازم التي لا تقدح في أصحابها بل تجملهم (١) . ومن قال: لازم المذهب ليس بمذهب؛ أرادَ بِهِ دفع الشناعات والتكفيرات عن أصحاب المذاهب الأصولية التي يلزم أحدهم لوازم فيها من مخالفة الكتاب والسنة والإجماع والمعقول ما يوجب ضلال من التزمها، فيريد خصومهم أن يشنعوا عليهم بتلك اللوازم فيقال لهم: لازم المذهب ليس بمذهب. فكل مَنْ قال قولًا له لوازم لم تخطر على قلبه = فيجب أن يلتزمها إذا خطرت بقلبه وعَلِمَ ما فيها من الفساد، لكن إذا لم يلتزمها مع لزومها دَلَّتْ على فساد الملزوم، وأما مع القول بصحة الملزوم فلا بُدَّ مِنَ القول بصحة اللازم، فإنَّ صحة الملزوم توجب صحة اللازم قطعًا؛ إذ يمتنع تحقيقه بدون تحقيق اللازم.
(١) كذا قرأتها.

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