On lui répond :
Bien au contraire, cela est bel et bien utile ; car, comme il a été expliqué précédemment, ses propos – et ceux d’autres savants – visant à établir la clause d’exception dans ces deux cas, à fonder l’îlâʾ à leur moyen et autres questions analogues, reposaient sur la divergence de leur ijtihâd : relèvent-ils, oui ou non, des serments ? De même, la divergence concernant l’expiation qu’ils impliqueraient se fonde sur ce point.
Sixième point
Sa parole : « Tout ce que l’on en peut tirer (1) est d’y ajouter que tout serment (2) appelle une expiation. »
Nous répondons :
Nous avons montré, d’après ses propres textes et ses principes, qu’il s’agit d’un serment requérant expiation – ainsi qu’il en a déjà été fait mention. Nous ne nous sommes pas contentés de ce qui prouve qu’il s’agit d’un serment ; nous avons, au contraire, établi que ses textes et ses fondements imposent que ces deux formules constituent un serment expiable, et nous avons cité plus haut certains de ses propos en ce sens.
Sa parole :
« C’est précisément l’aspect sur lequel nous avons contesté la portée universelle qu’il entendait y donner, les textes particuliers rapportés d’Aḥmad lui étant préférés. »
On lui répond :
Il n’a nullement prétendu qu’Aḥmad, par son énoncé même, aurait voulu que le divorce soit soumis à expiation ; il a, au contraire, déclaré explicitement qu’il ne l’est pas. Il a simplement indiqué que l’implication d’un autre texte, d’une autre argumentation et d’une autre preuve conduit à cette conclusion ; or ce texte, cette argumentation et cette preuve ne peuvent être particularisés ni infirmés ; les particulariser les corromprait. Il faut donc nécessairement adopter l’une des deux voies suivantes : soit l’on se conforme à leur implication, et il en résulte que le serment prononcé par divorce requiert expiation ; soit on les déclare invalides. Mais si l’on en maintient la validité, on est tenu d’affirmer que le serment prononcé par divorce est expiable ; telle est la déduction et l’extraction opérées à partir des textes et des principes.
Si tu dis : « Le corollaire nécessaire d’un madhhab constitue-t-il lui-même un madhhab ou non ? » (3)