Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant à l’îlâ’, les compagnons (d’Aḥmad) ont adopté deux voies :
– Abû Bakr (1) ʿAbd al-ʿAzîz considère qu’il s’agit d’îlâ’, car, selon l’opinion la plus célèbre rapportée de lui, l’îlâ’ est [assimilé] (2) au serment soumis à kaffârah, et le serment en question est, de son aveu unanime, un serment expiable ; il s’agit donc d’îlâ’. Quant à al-Khirqî, al-Qâḍî et d’autres, ils ne qualifient d’îlâ’ que le serment prononcé exclusivement au Nom d’Allah – Très-Haut – (3).

On a rapporté d’Aḥmad – qu’Allah lui fasse miséricorde – des textes qui corroborent chacune de ces deux voies. Il existe même, de sa part, deux versions explicites touchant l’îlâ’ fondé sur le ẓihâr et sur la formule de l’interdiction (taḥrîm) et sur la question de savoir s’ils exigent une expiation (4) ; toutefois, d’après son énoncé formel, on y applique l’expiation majeure, et non la kaffârah de serment.

Je n’ai pas trouvé chez lui de texte explicite déclarant que le serment fondé sur un vœu ne constitue pas un îlâ’; néanmoins, il est rapporté de lui que l’îlâ’ n’a lieu que lorsqu’on jure par Allah – Très-Haut. Il est encore rapporté de lui qu’il ne se produit que dans les aymân (serments), alors que divorce et affranchissement n’en relèvent pas, car ils ne sont pas sujets à kaffârah.

C’est pourquoi l’on trouve rapportées de lui, à propos de l’îlâ’, trois versions [137/b] :

  1. il se réalise par tout serment ;
  2. par tout serment expiable ;
  3. par le serment prêté au Nom d’Allah.
    Ses propos laissent même entrevoir une quatrième version : il se réalise par tout serment assorti de la kaffârah propre au serment.

Il a, tantôt, accordé l’exception (istithnâ’) dans le serment assorti d’un divorce, parce qu’il le range alors parmi les serments ; tantôt, il a affirmé : « Ce n’est pas un serment ; aucune exception n’y est donc recevable. » Comment, dès lors, peut-on prétendre qu’il n’existe aucune divergence, dans son école, quant au fait que le divorce et l’affranchissement font partie des serments ?!

(1) À l’origine : « faʾabakkar », mais la leçon correcte est celle que j’ai restituée. (2) Il s’agit peut-être d’une omission ; on doit comprendre ici l’expression comme « mā athbattu » ou une formule équivalente. (3) Voir : al-Mughni, vol. 11, p. 5. (4) À l’origine : « wa huwa yukaffir », et la correction la plus vraisemblable est celle que j’ai restituée.
وأما في الإيلاء فلأصحابه طريقان: فأبو بكر (١) عبد العزيز يجعل ذلك إيلاءً عنده؛ فإنَّ الإيلاءَ في المشهور عنه [ملحقٌ] (٢) باليمين المكفرة، وهذا يمين مكفَّرةٌ عنده بلا نزاع فيكون إيلاء، وأما الخرقي والقاضي وغيرهما فلا يجعلون الإيلاء إلا ما كان باسم الله ــ تعالى ــ خاصة (٣) . وقد نقل عن أحمد ــ رحمة الله عليه ــ ما يدل على كل واحدةٍ من الطريقتين، بل عنه روايتان صريحتان في الإيلاء بالظهار والحرام وهل تكفر (٤) ، لكن يكفر على المنصوص عنه بالكفارة الكبرى لا بكفارة اليمين، ولم أجد عنه نصًّا صريحًا في الحلف بالنذر أنه ليس بإيلاء، لكن نُقِلَ عنه أَنَّ الإيلاءَ إنما يكون في الحلف بالله ــ تعالى ــ، ونقل عنه: إنما يكون في الأيمان، والطلاق والعتاق ليسا من الأيمان لأنهما لا يكفران، ولهذا ذُكِرَ عنه [١٣٧/ ب] في الإيلاء ثلاث روايات: رواية: أنه يكون بكل يمين، وثانية: بكل يمين مكفرة، وثالثة: بالحلف باسم الله، وفي كلامه ما يقتضي رواية رابعة: أنه بما يكون فيه كفارة يمين. وقد جَعَلَ في الحلف بالطلاق الاستثناء تارة لأنه من الأيمان، وتارة قال: ليس من الأيمان فلا استثناء فيه؛ فكيف يقال: إنه لا نزاع في مذهبه أنهما من الأيمان؟!
(١) في الأصل: (فأبكر)؛ والصواب ما أثبتُّ. (٢) لعل هنا سقطًا تقديره ما أثبتُّ أو نحوه. (٣) انظر: المغني (١١/ ٥). (٤) في الأصل: (وهو يكفر)، ولعل الصواب ما أثبتَّ.

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