Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et toutes deux sont caduques. Quant à la première, en effet, les énoncés explicites et contradictoires rapportés des imâms n’impliquent nullement de les dénigrer — et ce, d’un commun accord. Ils témoignent plutôt de l’évolution de leur ijtihâd, de l’ampleur de leur réflexion et de leur souci de suivre la vérité lorsqu’elle se manifeste. Or, si la contradiction explicite ainsi comprise n’est pas une critique, la contradiction simplement déduite l’est à plus forte raison encore moins.

S’agissant maintenant du takhrîj, telle est la situation de toute personne qui extrapole pour un imâm une opinion contraire à celle qu’il a explicitement formulée : il ne la déduit qu’à partir d’un autre texte contredisant le premier. Dès lors, la parole de l’objecteur : « Tel n’est pas l’usage des spécialistes du takhrîj » relève soit de l’ignorance de cette discipline, soit d’une ignorance affectée. Quant à son affirmation : « Le takhrîj consiste à tirer parti de ce qu’indiquent les propos de l’imâm », elle est juste ; mais il s’agit d’une déduction fondée sur ce qu’impliquent certaines de ses paroles, alors même qu’il en a d’autres qui les contredisent. Le takhrîj procède donc de ces paroles contraires aux premières.

Ainsi, Ahmad — qu’Allâh lui fasse miséricorde — s’est exprimé de façon divergente au sujet du serment assorti de divorce ou d’affranchissement : relèvent-ils ou non de la catégorie des serments ? Tantôt il les range parmi les serments et y autorise la clause d’exception, tantôt il n’y autorise pas cette exception. Parfois il déclare que l’îlâʾ se conclut par de tels serments, et parfois il dit qu’il ne s’y conclut pas. Lorsqu’il a mentionné que celui qui jure d’affranchir l’esclave d’autrui doit acquitter la kafârah d’un serment, cette version atteste qu’il considérait le serment d’affranchissement comme un serment à part entière ; c’est là ce que l’on recherchait. Aussi, un cas de ce type est-il élevé au rang d’une opinion extrapolée qui contredit l’opinion textuelle.

وكلاهما باطل؛ أما الأول فلأنَّ الأقوال الصريحة المتناقضة المنقولة عن الأئمة لا توجب الطعن فيهم بالاتفاق، بل تدل على تغيُّرِ اجتهادهم، وكثرة نظرهم، واتباعهم الحق إذا ظهر لهم، وإذا كان التناقض الصريح على هذا الوجه ليس طعنًا؛ فالتناقض المستنبط أولى. وأما التخريج؛ فهذا حالُ كُلِّ مَنْ خَرَّجَ لإمامٍ من الأئمة قولًا مخالفًا لقوله [١٣٥/ ب] المنصوص، فإنه إنما يخرجه من نَصٍّ آخر يناقض النص الأول؛ فقول المعترض: (ليس دأب المخرجين) إما جهلٌ بالتخريج وإما تجاهل. وقوله: (إنَّ التخريج استنباطٌ مما يدل عليه كلام الإمام) كلامٌ صحيح، لكنه استنباط مما يدل عليه كلامه، مع أَنَّ له كلامًا آخر يخالف ذلك الكلام، فهو تخريج من ذلك الكلام المخالف لهذا الكلام. وأحمد ــ رحمه الله تعالى ــ قد اختلف كلامه في الحلف بالطلاق والعتاق؛ هل هما من الأيمان أم لا؟ فتارةً يجعلهما من الأيمان فيجوِّز فيهما الاستثناء، وتارةً لا يجوِّز فيهما الاستثناء، وتارة يقول: إنه ينعقد بها الإيلاء، وتارة يقول: لا ينعقد بهما الإيلاء، ولما ذكر أن الحالف بعتقِ عبد غيره يكفر كفارة يمين = دَلَّت هذه الرواية على أنه جعل الحلف بالعتق من الأيمان؛ وهو المطلوب، ولهذا صار مثل هذا يجعل قولًا مخرجًا مخالفًا للقول المنصوص.

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