En raison de la perte du premier volume de cette réfutation d’Ibn Taymiyya, il ne nous est pas possible de connaître avec certitude le titre de l’ouvrage visé ni la raison précise qui poussa Ibn Taymiyya à l’écrire. Il est cependant hautement probable que les accusations portées contre lui — de violation du consensus (ijmâʿ), de favoriser la prolifération des enfants illégitimes, ainsi que la campagne orchestrée contre sa personne — constituent le principal mobile de la rédaction. Il se peut également que l’initiative ait été suggérée par l’un de ses proches ou de ses disciples, ou qu’elle soit partie spontanément du Shaykh — qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Quatrième section : datation de sa composition]
Il est certain qu’Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — a composé cette réfutation à Damas. En effet, Ibn Rajab mentionne, dans le « Dhayl »(1), qu’Ibn Taymiyya, durant son séjour en Égypte, classa les principales de ses œuvres, sans citer parmi elles sa réplique adressée à as-Subkî au sujet de la suspension du divorce. De plus, ceux qui évoquent cette réfutation signalent qu’elle répondait à une objection émanant d’Égypte.
As-Subkî, comme il a été indiqué plus haut, fait lui-même allusion — dans l’épître qu’il adressa au Prophète ﷺ, si celle-ci est authentiquement de lui — au fait qu’il rédigea sa propre réfutation d’Ibn Taymiyya après avoir quitté l’Égypte, lors de son second voyage dans ce pays(2).
Ces éléments sont corroborés par le témoignage de Tâj ad-Dîn as-Subkî, dans « Ṭabaqât ach-Châfiʿiyya al-Kubrà »(3), où il rapporte que son père, Taqî ad-Dîn, effectua le pèlerinage en l’an 716, puis il ajoute : « Au cours de cette période, il répondit à…"