et plus encore ; or le Législateur a visé par là à faire disparaître cette corruption.
De même que celui qui pratique l’îlâʾ s’est, par son serment, abstenu de s’unir charnellement à son épouse, de même ceux qui prêtent serment se détournent, par leurs serments, de droits dus à Allah et à Ses serviteurs, droits bien plus importants que l’acte intime avec une femme : l’un d’eux jure, par exemple, de ne pas s’acquitter des devoirs qui lui incombent envers Allah – Très-haut –, envers ses parents ou envers d’autres. Si, pour écarter le tort subi par une seule femme, le jugement de l’îlâʾ a été établi pour tous les serments, il est, à plus forte raison, préférable que la volonté d’écarter le tort de l’ensemble des créatures établisse la règle de l’expiation pour l’ensemble des serments ; le développement de cette question a son propre endroit (1).
Ce qui nous importe ici, c’est que l’ensemble des savants ont, dans certains cas, conféré à ces formules conditionnelles le statut de serments. Parmi ces cas :
– la majorité d’entre eux y autorise la clause d’exception (al-istithnâ’) ;
– la formule conditionnelle dans laquelle on jure par la mécréance : tous l’ont considérée comme un serment et non comme une condition entraînant la mécréance. Certains ont alors dit qu’il s’agit d’un serment soumis à expiation, car l’intéressé s’est engagé (2) à porter atteinte au caractère sacré de ses serments ; d’autres ont dit qu’il ne s’agit pas d’un serment (3) nécessitant expiation.
Parmi ces cas encore : la majorité des savants affirment que le vœu conditionnel formulé dans l’intention de faire serment est effectivement un serment pour lequel l’expiation s’applique ; cette même signification se retrouve dans les serments impliquant l’affranchissement d’un esclave ou le divorce.
De même, la plupart d’entre eux – tels Abû Ḥanîfa, qu’Allah l’agrée, et les châfi‘ites khorâsâniens, qu’Allah [134/b] leur fasse miséricorde – ont distingué entre l’exécution immédiate d’une chose (tanjîz) et sa suspension à titre de serment, comme dans le vœu portant sur un acte de désobéissance ou sur un acte licite ; ainsi, si l’on voue cela non pas sur