en y renonçant. C’est pour cette raison qu’Il leur a interdit de faire du serment un empêchement à l’accomplissement du bien lorsqu’Il dit :
« Et ne faites pas d’Allah un écran, par vos serments, qui vous empêcherait d’agir avec bienfaisance, [de craindre Allah] et de réconcilier les gens entre eux » (al-Baqarah, 2 : 224) (1).
Il – Exalté soit-Il – dit aussi :
« Que ceux d’entre vous qui jouissent de largesses et d’aisance ne jurent pas de ne plus soutenir les proches, les nécessiteux et les émigrés dans la voie d’Allah ; qu’ils pardonnent donc et qu’ils passent l’éponge. N’aimez-vous pas qu’Allah vous pardonne ? » (an-Nūr, 24 : 22).
Ce verset fut révélé au sujet d’Abû Bakr – qu’Allah l’agrée – qui avait juré de ne plus dépenser pour Miṣṭaḥ ibn Uthâtha lorsque celui-ci prit part à la calomnie (2).
L’interdiction relative à l’îlâʾ est donc une défense de persévérer dans un serment après l’avoir contracté, ainsi qu’un ordre d’en acquitter l’expiation. Il est évident que tout cela a été institué afin que les serments ne détournent pas les gens de l’obéissance ou des choses permises ; c’est pourquoi l’expiation a été légiférée. Cette finalité vaut pour tous les serments : s’il existait des serments dont on ne pourrait se dégager et pour lesquels aucune expiation ne serait prévue, les gens s’en serviraient pour s’abstenir d’actes d’obéissance ou de choses licites, et il en résulterait une grande corruption liée au fait de jurer au Nom d’Allah [134/a].
Les gens répugnent en effet davantage à divorcer de leurs épouses, à affranchir leurs esclaves, et ainsi de suite, qu’à d’autres actes. Dès lors, si ces serments n’étaient pas soumis à une expiation, leur abstention, par leur entremise, de la bienfaisance, de la piété et de la réconciliation entre les hommes serait encore plus prononcée (3). De même, lorsqu’ils seraient éprouvés par de tels serments, leur refus d’accorder quelque chose aux proches, aux indigents et aux émigrés dans la voie d’Allah serait plus grave encore. La corruption qui surviendrait si ces serments n’étaient pas expiables, du fait que les gens s’en serviraient pour se soustraire à ce qu’Allah aime, serait donc plus grande encore.