Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

L’expiation s’impose lorsque l’affranchissement n’a pas eu lieu, car les deux ne sauraient se cumuler.

Dès lors, il n’est pas permis, dans la situation litigieuse, de soutenir que l’affranchissement juré se réalise, sous prétexte que l’affranchissement n’appelle pas d’expiation.

Quant à l’argument selon lequel l’affranchissement serait ici possible parce qu’il concerne un esclave qui relève de son propre droit de propriété, contrairement à l’autre cas où il touche un esclave appartenant à autrui, on répond :
« Cette raison est certes valable pour entraîner la réalisation de l’affranchissement lorsqu’il s’agit d’un esclave qui lui appartient, et non d’un esclave appartenant à autrui ; toutefois, elle n’entraîne pas l’obligation de l’expiation (1) dans le serment d’affranchir l’esclave d’autrui, ni la réalisation de l’affranchissement dans le serment d’affranchir son propre esclave, à moins d’établir que le serment d’affranchissement équivaut en soi à un affranchissement effectif – ce qui fait précisément l’objet du désaccord.

Et si l’on objecte : « Le serment d’affranchissement requiert l’affranchissement lorsqu’il est possible, sinon l’expiation »,
on rétorque : « Du moment qu’il rend l’expiation obligatoire, il s’agit bel et bien d’un serment ; or, l’essence du serment est d’imposer l’expiation, et un même jugement peut reposer sur deux causes (2). »

Ainsi, l’affranchissement juré de l’esclave d’autrui a rendu l’expiation obligatoire du seul fait qu’il faisait l’objet d’un serment ; si le serment d’affranchissement n’était pas, en soi, une cause d’expiation, l’obligation de celle-ci (3) serait inconcevable.

Il apparaît donc, selon cette opinion, que l’on doit nécessairement aboutir soit à l’affranchissement, soit à l’expiation ; par conséquent, dans le cas débattu, on ne saurait dire : « L’affranchissement n’admet pas d’expiation. »

(1) Le copiste a répété le mot « al-kafâra ». (2) Majmūʿ al-fatāwā, t. 15, p. 123 ; t. 20, pp. 170-172 ; t. 21, p. 263 ; al-Fatāwā al-Kubrā, t. 1, p. 297 ; Jāmiʿ al-Masāʾil, t. 6, p. 92 ; al-Masūwwada, t. 2, p. 780. (3) À l’origine, le mot était écrit ainsi : « lā maniʿ » ; il est probable que la forme correcte soit celle que j’ai établie.
وجبت الكفارة مع عدم حصول العتق فإنهما لا يجتمعان. وحينئذٍ؛ فلا يجوز أن يقال في صورة النزاع: يقع العتق المحلوف به، لأنَّ العتق لا كفارة فيه. وأما الفَرْقُ بكون العتق هنا ممكنًا لكونه صادفَ ملك العتق، بخلاف تلك الصورة فإنه واقع في ملك الغير. فيقال: هذه علة صحيحة تقتضي وقوع العتق في ملكه دون ملك الغير، لا تقتضي ثبوت الكفارة (١) في الحلف بعتق عبد الغير، ولا تقتضي وقوع العتق في الحلف بعتق عبده إنْ لم يثبت أَنَّ الحلفَ بالعتق إعتاق، وهذا محل النزاع. وإنْ قيل: بل الحلف بالعتق يقتضي العتق إِنْ أمكن وإلا فالتكفير. قيل: اقتضاؤه للتكفير يوجب أَنْ يكون يمينًا، وحينئذٍ؛ فمقتضى اليمين التكفير، والحكم الواحد يكون له علتان (٢) ؛ فعتق عبد الغير المحلوفِ به أوجب الكفارة لكونه محلوفًا به، فلو كان الحلف بالعتق ليس سببًا للكفارة لامتنع (٣) وجوب الكفارة. فَعُلِمَ أنه على هذا القول لا بُدَّ إما من الإعتاق وإما من الكفارة، وحينئذٍ؛ فلا يقال في صورة النزاع: العتق لا كفارة فيه.
(١) كرر الناسخ كلمة (الكفارة). (٢) مجموع الفتاوى (١٥/ ١٢٣) (٢٠/ ١٧٠ - ١٧٢) (٢١/ ٢٦٣)، الفتاوى الكبرى (١/ ٢٩٧)، جامع المسائل (٦/ ٩٢)، المسوَّدة (٢/ ٧٨٠). (٣) في الأصل رسمت الكلمة هكذا (لا منع)، ولعل الصواب ما أثبتُّ.

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