l’affranchissement n’est pas obligatoire ; et si l’affranchissement n’est pas obligatoire, l’expiation le devient ; et si l’expiation n’est pas obligatoire, l’affranchissement le devient. Dès lors, exclure l’affirmation de chacun d’eux entraîne nécessairement la négation de l’autre, et exclure la négation de chacun d’eux entraîne nécessairement l’affirmation de l’autre,
comme lorsque l’on dit : « S’il est pair, il n’est pas impair ; et s’il est impair, il n’est pas pair ; et s’il n’est pas pair, il est impair ; et s’il n’est pas impair, il est pair. »
Dans un tel cas, il est donc impossible de considérer que l’inexistence de l’un soit la cause de l’existence de l’autre, ou que l’existence de l’un soit la cause de l’autre, car la cause précède l’effet : or aucun des deux n’existe sinon dans la concomitance de l’inexistence de l’autre, de sorte qu’il ne lui est pas antérieur ; et aucun des deux ne disparaît sinon dans la concomitance de l’existence de l’autre, de sorte qu’il ne lui est pas antérieur (1).
Ainsi, si l’on disait : « L’inexistence de celui-ci est la cause de l’existence de celui-là, et l’inexistence de celui-là est la cause de l’existence de celui-ci », il s’ensuivrait que l’existence de celui-là survient après l’inexistence de celui-ci, et que l’inexistence de celui-ci précède l’existence de celui-là ; et, inversement, que l’existence de celui-ci survient après l’inexistence de celui-là, et que l’inexistence de celui-là précède l’existence de celui-ci.
Or il est établi que l’existence de chacun d’eux et l’inexistence de l’autre sont concomitantes ; aucun des deux ne précède l’autre. Partant, si l’on pose l’existence de l’un après l’inexistence de l’autre, et l’inexistence de l’un concomitante à l’existence de l’autre, on en vient à placer l’existence d’une chose après sa propre existence, et à dire : « Elle n’existe pas tant qu’elle n’existe pas. »
Quant à l’affirmation suivante : « Si chacun des deux contraires est expliqué par l’inexistence de l’autre, il ne s’agit pas d’un cercle, car chacun des deux opposés est subordonné à l’inexistence de l’autre », elle émane de quelqu’un qui n’a pas saisi la différence entre le cercle impossible et le cercle admissible, ni la distinction entre la cause (‘illa) et la condition (shart). En effet, la cause n’est pas la condition : la condition accompagne ce qu’elle conditionne, alors que la cause précède l’effet (2).