Nous avons donc fait de l’absence d’expiation la cause même de la réalisation du serment portant sur l’affranchissement, alors que le motif qui requiert l’expiation – en l’occurrence le serment – demeure présent. C’est pourquoi, dans le cas précédent, nous avons établi l’obligation d’expier en raison de la présence du serment ; il convient donc de distinguer les deux situations : ici, l’affranchissement a effectivement eu lieu, si bien que l’expiation s’en trouve écartée, tandis que là-bas il ne s’est pas produit et l’expiation est devenue obligatoire.
Dans ces conditions, on dira : l’affranchissement n’a lieu que lorsqu’il est impossible de procéder à l’expiation ; s’il est possible d’expier, il ne se réalise pas. Ainsi, si nous niions l’expiation parce que l’affranchissement a eu lieu, et affirmions que celui-ci a eu lieu en raison de l’absence d’expiation, nous retomberions dans un cercle vicieux.
De même, si l’on expliquait l’obligation d’expier par la non-réalisation de l’affranchissement, et la réalisation de l’affranchissement par l’absence d’expiation – comme le fait la réponse citée – on tomberait dans le même cercle ; car l’obligation d’expier et la réalisation de l’affranchissement sont deux contraires qui ne sauraient se réunir ni, dans ce cas, disparaître simultanément : si l’affranchissement est établi, l’expiation disparaît ; si l’expiation disparaît, l’affranchissement s’établit. Or, bien que chacun de ces deux contraires soit subordonné à l’absence de l’autre[1], il n’est pas permis que chacun d’eux soit la cause de la disparition de l’autre, ni que l’absence de l’un soit la cause de l’existence de l’autre.
Il n’est donc pas recevable de dire : « Cet état existe parce que l’autre est absent, et cet autre est absent parce que celui-ci existe. » En effet, si l’existence de l’un est la cause de l’absence de l’autre, il est impossible que l’absence de ce dernier soit la cause de l’existence du premier, fût-elle une condition de celle-ci ; car toute condition n’est pas pour autant une cause. Il n’est donc pas permis de faire reposer l’obligation d’expier sur la non-réalisation de l’affranchissement, puis de déclarer : « L’affranchissement est advenu parce qu’aucune expiation n’était due », ce qui reviendrait à expliquer l’existence de chacun des deux opposés par l’absence de l’autre.
Ce genre de circularité ne relève pas du « cercle vicieux dans les espèces » ; le premier relève plutôt du « cercle vicieux dans les individus ».
Quant au cercle vicieux dans les individus, il consiste en ce que chacun des deux éléments déterminés dépend de l’autre ; quant à