C’est pourquoi Il – exalté soit-Il – a dit :
« Et pour chaque communauté il est un guide » (Ar-Ra‘d, 7).
(1) Il a ainsi informé au sujet de ce que les polythéistes réclamaient lorsqu’ils dirent :
« Les mécréants disent : “Pourquoi ne lui a-t-on pas fait descendre un signe de la part de son Seigneur ?” » (Ar-Ra‘d, 7),
et le Très-Haut répondit :
« Tu n’es qu’un avertisseur » (Ar-Ra‘d, 7) ;
tu n’es pas Celui qui fait descendre les signes ; cela appartient à Allah.
De même Sa parole :
« Tu n’es qu’un rappelateur (21), tu n’es pas un dominateur sur eux » (Al-Ghâshiyah, 21-22).
Ainsi, Son propos : « tu n’es pas un dominateur sur eux » n’exclut pas qu’il soit, en plus d’être rappelateur, annonciateur de la bonne nouvelle, guide et appelant vers Allah.
Or, comme il est d’usage, chez les musulmans, que celui qui affranchit un esclave recherche par cet acte la Face d’Allah, cette intention est devenue inséparable de l’affranchissement. Le texte nie donc la conséquence pour nier, par là même, ce à quoi elle est liée. Son propos vise à dire : il n’y a d’affranchissement que pour celui dont l’intention est bien l’affranchissement ; et celui qui affranchit, selon la coutume des musulmans, le fait en recherchant la Face d’Allah. Il ne veut pas dire que, si quelqu’un affranchit (2) sans viser la Face d’Allah, son affranchissement serait invalide ; c’est, en cela, semblable à ce qu’ont affirmé ‘Atâ’ et ash-Shâfi‘î au sujet du vœu de dévotion.
Ash-Shâfi‘î a dit (3) : « Quant à celui qui jure de se rendre à la Maison d’Allah, il existe à ce sujet deux avis.
Le premier – qui est le sens qu’on déduit de la parole de ‘Atâ’ – veut que toute personne ayant juré par un acte cultuel, comme le jeûne, le pèlerinage ou la ‘umrah, n’ait pour expiation, en cas de parjure, que l’expiation d’un serment ; il ne lui incombe alors ni pèlerinage, ni ‘umrah, ni jeûne.
Et sa doctrine est que les œuvres de piété ne sont vouées à Allah que de deux manières : soit en tant qu’obligation qu’Il impose à Son serviteur, soit en tant qu’acte de dévotion par lequel on recherche la Face d’Allah. Quant à ce qui est accompli dans le cadre du « verrouillage des serments » (ghalaq al-aymân), cela ne constitue pas une dévotion ; on ne fait alors que l’exécuter