de plaisir, est un sophiste.
De même, celui qui prétend que l’être humain ne désire jamais ni le mariage ni le divorce est un sophiste.
Celui qui affirme que quiconque suspend le divorce à une condition ne souhaite pas que le divorce prenne effet lorsque la condition se réalise est également un sophiste.
Et celui qui soutient que toute personne qui, en formulant cette suspension, a pour intention de prêter serment veut par là même le divorce, l’affranchissement, le vœu et l’invocation de maux immenses contre elle-même, ainsi que tout ce qu’elle a rattaché à la condition – au même titre que si son intention n’était pas le serment – est encore un sophiste.
Il est en effet connu, d’un savoir nécessaire, que celui qui suspend (le divorce ou autre chose) dans le but d’inciter ou d’empêcher veut parfois que la sanction advienne lorsque la condition se produit, et la déteste parfois absolument ; ce second cas correspond au sermentaire (al-ḥālif), non au premier. Le sermentaire ne veut ni la condition ni la sanction, même si la condition venait à advenir ; il déteste la sanction et s’abstient d’en avoir l’intention, que la condition se réalise ou non. Il n’a suspendu cette sanction, tout en refusant qu’elle se concrétise, que pour qu’elle ne survienne pas si, par malheur, la condition se produisait. La différence est manifeste entre vouloir que la sanction se réalise lorsque la condition survient – quand bien même on détesterait ladite condition – et ne jamais vouloir sa réalisation, ne souhaitant en réalité que l’inexistence de la condition ; il ne désire donc ni la condition ni la sanction.
Or, celui qui prête serment n’est véritablement sermentaire que s’il ne veut ni l’une ni l’autre. S’il ne veut pas la condition, mais désire la sanction dans l’hypothèse où la condition se produirait, il devient alors un « mūqiʿ », c’est-à-dire un auteur de l’effet, et non plus un sermentaire.
Dès lors, il est su de façon contraignante que le sermentaire n’a aucun dessein ni dans le divorce ni dans l’affranchissement, tout comme il n’a nul dessein d’implorer Allah de ne pas lui accorder une bonne fin, de lui couper les mains et les pieds ou d’égorger ses enfants sur sa poitrine. Il n’a pas davantage pour dessein de se dépouiller de toute sa famille et de tous ses biens, au point de se retrouver sans épouse, sans esclave et sans fortune dont il puisse tirer profit : il se verrait ainsi frustré de sa famille et de ses biens.
Par-dessus tout, il resterait encore à sa charge des actes cultuels qu’il ne serait pas en mesure d’accomplir, tels que : trente pèlerinages, dix années de jeûne, et similaires.