ne souhaite absolument pas qu’Allah le fasse périr, ni qu’Il le fasse mourir en dehors de l’Islam, ni qu’Il scelle pour lui la fin par le mal ; il ne veut pas non plus qu’Il lui coupe les mains et les pieds, qu’Il égorge ses enfants sur sa poitrine, qu’il soit dépouillé de ses biens, qu’il ne lui reste ni esclave ni épouse, ni qu’il demeure à sa charge trente pèlerinages et trois années de jeûne, et tout ce qui s’apparente à ces fléaux qu’il rattache audit acte.
Tous les hommes savent, d’un savoir certain – l’un des savoirs nécessaires les plus évidents –, que celui qui formule une telle suspension ne veut aucunement que ce mal immense et ce tort sans mesure, qu’aucun être humain n’envisage jamais pour lui-même, se réalise, que la condition advienne ou non.
Ainsi, quiconque prétend que cet homme vise réellement ces conséquences – le divorce et ce qui s’y ajoute – dans l’éventualité où la condition se produirait, est égaré d’un égarement manifeste que tout un chacun reconnaît. Il rapporte au sujet de ce qui habite les cœurs et les âmes des fils d’Adam l’exact contraire de ce qu’ils savent et éprouvent en eux-mêmes, et de ce qu’ils savent également des autres.
Lorsque l’examen aboutit à un tel point, celui qui tient cette position devient un sophiste, [121/b] soit par ignorance, soit délibérément. Or, la sophistique ne requiert pas nécessairement l’intention de mentir ; quiconque renie des vérités que les gens connaissent de façon indubitable est, de fait, un sophiste (1).
De même, celui qui dirait que l’affamé ou l’assoiffé ne ressent aucune douleur, ou que celui qui mange et boit ne ressent