Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

ne souhaite absolument pas qu’Allah le fasse périr, ni qu’Il le fasse mourir en dehors de l’Islam, ni qu’Il scelle pour lui la fin par le mal ; il ne veut pas non plus qu’Il lui coupe les mains et les pieds, qu’Il égorge ses enfants sur sa poitrine, qu’il soit dépouillé de ses biens, qu’il ne lui reste ni esclave ni épouse, ni qu’il demeure à sa charge trente pèlerinages et trois années de jeûne, et tout ce qui s’apparente à ces fléaux qu’il rattache audit acte.

Tous les hommes savent, d’un savoir certain – l’un des savoirs nécessaires les plus évidents –, que celui qui formule une telle suspension ne veut aucunement que ce mal immense et ce tort sans mesure, qu’aucun être humain n’envisage jamais pour lui-même, se réalise, que la condition advienne ou non.

Ainsi, quiconque prétend que cet homme vise réellement ces conséquences – le divorce et ce qui s’y ajoute – dans l’éventualité où la condition se produirait, est égaré d’un égarement manifeste que tout un chacun reconnaît. Il rapporte au sujet de ce qui habite les cœurs et les âmes des fils d’Adam l’exact contraire de ce qu’ils savent et éprouvent en eux-mêmes, et de ce qu’ils savent également des autres.

Lorsque l’examen aboutit à un tel point, celui qui tient cette position devient un sophiste, [121/b] soit par ignorance, soit délibérément. Or, la sophistique ne requiert pas nécessairement l’intention de mentir ; quiconque renie des vérités que les gens connaissent de façon indubitable est, de fait, un sophiste (1).

De même, celui qui dirait que l’affamé ou l’assoiffé ne ressent aucune douleur, ou que celui qui mange et boit ne ressent

(1) Ibn Taymiyya, dans al-Radd ʿalā al-munṭiqiyyīn (p. 374), mentionne que « safsata » est un mot arabisé issu du grec sophistia, signifiant « sagesse dissimulée ». Il examine l’origine, les types et les enjeux de la sophistique dans plusieurs de ses ouvrages ; voir notamment : Majmūʿ al-Fatāwā 13/151, 19/144 ; al-Fatāwā al-Kubrā 6/365 ; Bayān Talbīs al-Jaḥmiyya 3/450-451 ; al-Ṣafdiyya 1/98, 2/323 ; Minhāj al-Sunna 1/231, 242; 2/525; 7/464-465 ; Darʾ Taʿāruḍ al-ʿAql wa-l-Naql 5/130.
يريد قط أن يهلكه الله ولا أَنْ يميته على غير الإسلام ولا أن يختم له بالشر ولا أن يقطع يديه ورجليه ويذبح أولاده على صدره ولا أن يخرج عن ماله ولا يبقى له مملوك ولا امرأة ولا أَنْ يبقى في ذمته ثلاثون حجة وصيام ثلاثة أعوام وأمثال ذلك مما يُعلِّقه بالفعل. فالناس كلهم يعلمون علمًا يقينًا من أبلغ العلوم الضرورية أَنَّ المعلق هذا التعليق لا يريد أَنْ يحصل له هذا الشر العظيم والضرر الزائد على الحد الذي لا يقصده قط أَحدٌ لنفسه سواء وجد الشرط أو لم يوجد. فمن قال: إنَّ هذا قاصد لهذه اللوازم ــ الطلاق وما معه ــ على تقدير وجود الشرط؛ فهو ضالٌّ ضلالًا مبينًا يعرفه جميع الناس، وهو يخبر عما في قلوب بني آدم ونفوسهم بنقيض ما يعلمونه ويجدونه في قلوبهم ونفوسهم، وما يعلمونه من غيرهم أيضًا. وإذا انتهى البحث إلى هذا؛ كان صاحبه مسفسطًا [١٢١/ ب] إما جهلًا وإما عمدًا، وليس من شرط السفسطة أَنْ يتعمد الكذب، بل من أنكر الحقائق المعلومة للناس علمًا ضروريًا فهو سوفسطائي (١) . فمن قال: إِنَّ الجائع والعطشان لا يجد أَلَمًا، والآكل والشارب لا يجد
(١) ذكر ابن تيمية في الرد على المنطقيين (ص ٣٧٤) أنَّ السفسطة لفظةٌ معربةٌ من اليونانية أصلها (سوفسطيا) أي: حكمةٌ مموهةٌ، فلمَّا عُرِّبَت قيل (سفسطة). وتكلَّم ابن تيمية في مواضع من كتبه عن أصل السفسطة وأنواعها وما يتعلق بها؛ فانظر ذلك في: مجموع الفتاوى (١٣/ ١٥١) (١٩/ ١٤٤)، الفتاوى الكبرى (٦/ ٣٦٥)، بيان تلبيس الجهمية (٣/ ٤٥٠ - ٤٥١)، الصفدية (١/ ٩٨) (٢/ ٣٢٣)، منهاج السنة (١/ ٢٣١، ٢٤٢) (٢/ ٥٢٥) (٧/ ٤٦٤ - ٤٦٥)، درء تعارض العقل والنقل (٥/ ١٣٠).

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