Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Parmi les points sur lesquels le contestataire s’est mépris figure son idée que le jurant vise le divorce, l’affranchissement ou le vœu dès que la condition se réalise. C’est pour cette raison qu’il a affirmé :

« (Et son propos : “Le jurant n’a aucun dessein dans le divorce ni dans l’affranchissement” est irrecevable ; au contraire, il a bel et bien l’intention de divorcer dans l’hypothèse où la condition se produit, car tel est [121/a] l’effet du lien qu’il a établi (1) entre la condition et sa conséquence ; certes (2) son objectif est que la condition ne se réalise pas, mais cela n’empêche pas qu’il veuille l’effet subordonné si la condition se réalise.) » (3)

On lui rétorquera : cette confusion est l’une des causes majeures qui ont conduit le contestataire et ceux qui le suivent à assimiler la suspension d’un serment à la suspension d’une mise à exécution. L’énoncé qu’il avance est d’une fausseté que tout le monde reconnaît dès qu’il se réfère à ce qu’il ressent en lui-même lorsqu’il formule un serment et à ce qu’il constate chez autrui.

En effet, chacun sait que lorsque celui qui suspend déclare : « Si je voyage avec vous, si je m’adresse à untel, si je lui donne ma fille en mariage, alors toutes mes épouses sont définitivement répudiées, tous mes esclaves affranchis, mes biens donnés en aumône, trente pèlerinages et dix années de jeûne m’incombent, je suis juif, chrétien, innocent de l’Islam ; qu’Allâh me coupe les mains et les pieds, qu’Il ne me fasse pas mourir sur l’Islam, qu’Il ne scelle pas ma vie par le bien, et qu’Il égorge mes enfants sur ma poitrine »,

il peut encore dire : « S’il me vainc, qu’il me chevauche ; s’il me vainc, je serai efféminé ; ou je serai un enfant illégitime si je n’accomplis pas telle chose ; ou je ne suis pas le fils d’Untel si je n’accomplis pas telle chose », et ainsi de suite – toutes ces formules qu’il rattache à l’acte dont il veut se détourner et auxquelles il a lié cette conséquence, il les prononce avec l’intention d’un serment ; car il sait intérieurement, et les gens savent de lui, qu’il ne

(1) À l’origine : « من ». Lecture établie d’après al-Taḥqīq. (2) À l’origine : « يعُمُّ ». Lecture établie d’après al-Taḥqīq et ce qui suit (p. 461). (3) al-Taḥqīq, 41/a.
ومما غَلَّطَ المعترضَ: ظَنُّهُ أَنَّ الحالف يريد الطلاق والعتاق والنذر عند الصفة، ولهذا قال: (وقوله: إِنَّ الحالف ليس له وطر في الطلاق ولا في العتق؛ ممنوعٌ، بل هو قاصد للطلاق على تقدير وقوع شرطه، فإنَّ ذلك [١٢١/ أ] مقتضى الربط الذي رَبَطَ بين (١) الشرط وجزائه؛ نعم (٢) مقصوده ألا يقع الشرط، وذلك لا يمنع من قصد وقوع المشروط على تقدير وجود الشرط) (٣) . فيقال له: الغلطُ في هذا الموضع هو من أعظم ما أوقع المعترض ونحوه في التسوية بين تعليق اليمين وتعليق الإيقاع، وما ذكره مما يَعْلَمُ فسادَهُ جميعُ الناس إذا رجعوا إلى ما يجدونه في أنفسهم عند قصد اليمين وما يعلمونه من غيرهم. فإنَّ الناس يعلمون أَنَّ المعلِّق إذا قال: إِنْ سافرتُ معكم، إِنْ كلمتُ فلانًا، إِنْ زَوَّجْتُهُ ابنتي؛ فكل نسائي طوالق وعبيدي أحرار ومالي صدقة وعليَّ ثلاثون حجة وصيام عشرة أعوام وأنا يهودي ونصراني وبريءٌ من الإسلام وقطع الله يدي ورجلي ولا أماتني على الإسلام ولا خَتَم لي بخير وذبح أولادي على صدري، وقد يقول: إِنْ غلبتني ركبتني، وإِنْ غلبتني أكون مخنثًا، أو أكون ولد زنا إِنْ لم أفعل كذا، أو لست ابن فلان إن لم أفعل كذا ونحو ذلك وأمثال ذلك مما يُعلِّقه على الفعل الذي منع منه نفسه وعَلَّقَ به هذا الجزاء يقصد به اليمين، فإنه يعلم من نفسه والناس يعلمون منه أنه لا
(١) في الأصل: (من)، والمثبت من «التحقيق». (٢) في الأصل: (يَعُمُّ)، والمثبت من «التحقيق» وما سيأتي في (ص ٤٦١). (٣) «التحقيق» (٤١/ أ).

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