Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

[120/a]
Section

Quant à son propos :

« L’intitulé qu’al-Bukhârî a donné au chapitre n’indique aucune interprétation de la trace (athar) d’Ibn ʿUmar, contrairement à celle d’Ibn ʿAbbâs ; comment donc faire entrer l’athar d’Ibn ʿAbbâs, susceptible d’une interprétation voisine de ce sujet, tandis que l’athar d’Ibn ʿUmar est explicite ou quasi explicite [et n’y appartient pas] ? Mais l’inclination pour une école détourne de considérer ce qui la contredit. »(1)

On lui répond :
C’est, comme le dit le proverbe : « Elle m’a chargée de son propre mal puis s’est éclipsée. »(2)

En effet, celui qui répondait n’a pas été élevé dans cette opinion ; il n’y avait pour lui aucun intérêt qui l’y portât. Il croyait même le contraire et ne cessait de délivrer des avis contraires. Cependant, lorsqu’il examina la question et reconnut la vérité, il ne lui fut plus permis d’exprimer autre chose que ce qui s’était clairement révélé à lui. Allah — exalté soit-Il — le sait, ainsi que Ses serviteurs croyants, témoins d’Allah sur la terre : il ne s’est jamais incliné vers une position si ce n’est dans l’intention de suivre la vérité avec laquelle le Messager — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a été envoyé, du fait de la preuve qui l’établit, et parce qu’Allah et Son Messager lui ont imposé de ne rien dire sur Allah sinon la vérité et de ramener tout différend entre musulmans à Allah et au Messager. Il n’en va pas de même de celui qui a grandi sur une opinion qu’il a d’abord endossée sans preuve, puis, lorsqu’il en fut contesté, se mit à bricoler des « arguments » que ses propres partisans — pourtant mieux placés pour connaître ces arguments, s’ils étaient valides — n’ont jamais évoqués ; il se prévaut alors de transmissions qui n’apportent aucune indication, et d’analogies

(1) Al-Taḥqīq (41/a), et le passage compris entre parenthèses. (2) Jumharat al-Amthāl, t. 1, p. 387 ; Majmaʿ al-Amthāl, t. 1, p. 286. Le Mujīb mentionne fréquemment ce proverbe pour désigner ceux qui agissent comme l’opposant ; voir : Majmūʿ al-Fatāwā, t. 5, p. 340 ; Darʾ taʿāruḍ al-ʿaql wa-l-naql, t. 10, p. 242 ; Sharḥ Ḥadīth al-Nuzūl, p. 96 ; Minhāj al-Sunna, t. 1, p. 68 ; t. 7, p. 276 ; al-Ikhnāniyya, p. 398. (3) Dans le texte original : «يميل» (yamīl) ; je considère toutefois que la lecture que j’ai adoptée est la plus exacte.
[١٢٠/ أ] فصلٌ وأما قوله: (وترجمة البخاري لا تشير إلى تأويل لأثر ابن عمر بخلاف أثر ابن عباس، فكيف يجعل أثر ابن عباس القابل للتأويل القريب من هذا الباب وأثر ابن عمر الصريح أو كالصريح [فيه ليس منه] ؟ ولكن الميل إلى مذهبٍ يَصُدُّ عن النظر فيما سواه) (١) . فيقال له: هذا كما يقال في المثل: (رمتني بدائها وانسلت) (٢) ، فإنَّ المجيب لم يكن هذا القول مما تربى عليه، ولا له فيه غرض يميل لأجله إليه، بل كان يعتقد خلافه ويفتي دائمًا بخلافه، لكن لما نظر ورأى الحق لم يجز له أن يقول خلاف ما تبين له، والله ــ سبحانه وتعالى ــ يعلم وعباده المؤمنون الذين هم شهداء الله في الأرض أنه لم يمل (٣) إلى قول إلا قصدًا لاتباع الحق الذي بعث به الرسول - صلى الله عليه وسلم - من جهة قيام الحجة به، وإيجاب الله ورسوله عليه ألا يقول على الله إلا الحق، وأن يرد ما تنازع فيه المسلمون إلى الله والرسول؛ بخلاف مَنْ تربى على قول تَقَلَّدَه أولًا بلا حجة، ثم لما نوزع فيه أخذ يلفق حججًا لم يذكرها أصحابه الذين هم أحق بمعرفة تلك الحجج لو كانت صحيحة، بل يحتج له بمنقولات لا دلالة في شيء منها، وبأقيسةٍ
(١) «التحقيق» (٤١/ أ)، وما بين المعقوفتين منه. (٢) جمهرة الأمثال (١/ ٣٨٧)، مجمع الأمثال (١/ ٢٨٦). وكثيرًا ما يذكر المجيب هذا المثل فيمن يصنع كصنيع المعترض؛ انظر: مجموع الفتاوى (٥/ ٣٤٠)، درء تعارض العقل والنقل (١٠/ ٢٤٢)، شرح حديث النزول (ص ٩٦)، منهاج السنة (١/ ٦٨) (٧/ ٢٧٦)، الإخنائية (ص ٣٩٨). (٣) في الأصل: (يميل)، ولعل الصواب ما أثبتُّ.

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