Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Al-Māwardī a également déclaré (1) : ʿĀʾisha rapporte du Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – qu’il a dit :

« Quiconque a juré de se rendre à pied, d’offrir une bête destinée au sacrifice, ou a consacré ses biens dans le sentier d’Allah, aux pauvres, ou au vantail de la Kaʿba, qu’il s’acquitte de l’expiation d’un serment. »

Le qāḍī Abū Ṭayyib, le qāḍī Abū Yaʿlā et Abū al-Khaṭṭāb ont affirmé qu’Ismāʿīl ibn Abī Ziyād (2), dans son Tafsīr du Coran, a rapporté le même propos d’après ʿĀʾisha, d’après le Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui.

Il est manifeste que cette transmission est plus robuste que celle qui prétend qu’elle distinguait entre le divorce, l’affranchissement et d’autres cas, car cette dernière ne comporte ni chaîne de transmission ni attribution à un ouvrage précis. Dans le présent récit, le Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – qualifie clairement cette suspension de serment et y impose l’expiation propre au serment. Malgré cela, nous ne l’avons pas retenu comme preuve, car il n’est pas authentifié auprès des spécialistes du ḥadith ; selon eux, il s’agit plutôt d’une parole de ʿĀʾisha qu’elle n’a pas élevée jusqu’au Prophète.

Plus faible encore est ce qu’Ibn Ḥabīb rapporte du Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – à savoir qu’il aurait dit :

« Ne jurez pas par le divorce ni par l’affranchissement, car ce sont des serments de pervers. » (3)

Un tel récit est d’une inconsistance extrême.

(1) al-Ḥāwī (tome 15, p. 458) puis : « Et tous ces récits forment un texte, et comme ils ont été transmis par sept compagnons, il n’apparaît aucune divergence entre eux ; d’où un consensus qu’il n’est pas permis de contester. » (2) Il s’agit d’Ismāʿīl b. Abī Ziyād al-Shāmī, qāḍī de Mossoul, auteur d’un ouvrage de tafsīr dans lequel il s’exprime abondamment, au point d’être qualifié de charlatan et de menteur ! Références : al-Irshād fī maʿrifat ʿulamāʾ al-ḥadīth (1/390), Tārīkh al-Islām (4/581), Ikmāl tahdhīb al-kamāl (2/173), Lisān al-mīzān (2/126). (3) Je ne l’ai pas trouvé. Al-Sakhāwī, al-Maqāṣid al-Ḥasanah, p. 273 : « Je n’en ai pas eu connaissance ; je suppose qu’il est interpolé et qu’il figure dans une version abrégée. » Al-Barzālī, Fatāwāh (2/122) : « D’après Ibn Ḥabīb dans sa Wāḍiḥah, le Prophète — paix sur lui — écrivit une lettre diffusée dans les contrées : “Bismi llāhi r-raḥmāni r-raḥīm. De Muḥammad, le Prophète, messager de Dieu, aux héritiers des prophètes et aux hommes ainsi qu’à leurs semblables. À l’essentiel : ne jurez ni par le divorce ni par l’affranchissement, car ce sont des serments de pervers.” On lui demanda : “Qui sont les héritiers des prophètes ?” Il répondit : “Les habitants des villes.” “Et leurs semblables ?” : “Les gens des déserts.” » Ibn al-ʿArabī, al-Risālah al-Ḥākimah, p. 69 : « Ce ḥadīth est apocryphe et forgé, sans aucun fondement véridique, bien qu’il ait été rapporté par des savants dépourvus de rigueur narratrice ; chaque discipline a ses spécialistes, et Dieu seul connaît la valeur et l’état de chacun. » Al-Dusūqī, ch. marginale (4/181) : « Cette version, citée par Ibn Ḥabīb dans la Wāḍiḥah, n’apparaît dans aucun corpus de ḥadīth renommé. » Reprise d’Ibn Ḥabīb par : Ibn Rushd, al-Bayān wa’l-Taḥṣīl (9/325) ; Ibn ʿAlīsh, Minh al-Jalīl (8/434), etc. Voir aussi : Kashf al-Khafāʾ (2/52) ; al-Jad al-ḥathīth, p. 133.
وكذلك قال الماوردي (١) : روت عائشة عن النبي - صلى الله عليه وسلم - أنه قال: «مَنْ حلف بالمشي أو الهدي أو جعل ماله في سبيل الله أو في المساكين أو في رتاج الكعبة؛ فكفارته كفارة يمين» . وقال القاضي أبو الطيب والقاضي أبو يعلى وأبو الخطاب: روى إسماعيل بن أبي زياد (٢) في تفسير القرآن عن عائشة، عن النبي - صلى الله عليه وسلم - أنه قال ذلك. ومعلومٌ أن هذا النقل أجود من النقل عنها أنها كانت تُفَرِّقُ بين الطلاق والعتاق وغيرهما، فإنَّ ذاك لم يُذكر له إسناد، ولا عُزِيَ إلى كتاب، وهذا فيه أنَّ النبي - صلى الله عليه وسلم - سمى هذا التعليق حلفًا، وأوجب فيه كفارة يمين؛ ومع هذا فنحن لم نعتمد على هذا، لأنه ليس بثابت عند أهل العلم بالحديث، والمعروف عندهم أَنَّ هذا من كلام عائشة لم ترفعه. وأضعف منه ما رواه ابن حبيب: عن النبي - صلى الله عليه وسلم - أنه قال: «لا تحلفوا بالطلاق ولا بالعتاق، فإنهما مِنْ أيمان الفُسَّاق» (٣) فهذا في غاية السقوط.
(١) الحاوي (١٥/ ٤٥٨) ثم قال: وهذه الأخبار كلها نصٌّ، ولأنه بانتشاره عن سبعة من الصحابة لم يظهر خلافهم إجماع لا يجوز خلافه. (٢) هو إسماعيل بن أبي زياد الشامي، قاضي الموصل، له كتاب في التفسير، وقد تُكُلِّم فيه بكلامٍ كثيرٍ، حتى وصف بالدجل والكذب! الإرشاد في معرفة علماء الحديث (١/ ٣٩٠)، تاريخ الإسلام (٤/ ٥٨١)، إكمال تهذيب الكمال (٢/ ١٧٣)، لسان الميزان (٢/ ١٢٦). (٣) لم أجده. قال السخاوي في المقاصد الحسنة (ص ٢٧٣): ولم أقف عليه، وأظنُّه مدرجًا، فأوَّله وارد دونه. وقال البرزالي في فتاويه (٢/ ١٢٢): فعن ابن حبيب في واضحته أنَّ النبي - صلى الله عليه وسلم - كتبَ كتابًا بُثَّ فيه في الأمصار: «بسم الله الرحمن الرحيم. من محمد النبي رسول الله إلى ورثة الأنبياء وإلى الناس وأشباه الناس. أما بعد: لا تحلفوا بالطلاق ولا بالعتاق؛ فإنهما من أيمان الفسَّاق». فقيل: يا رسول الله! مَنْ ورثة الأنبياء؟. قال: «أهل الحواضر». قيل: مَنْ أشباه الناس؟ قال: «أهل البوادي». وقال ابن العربي في الرسالة الحاكمة (ص ٦٩): هذا حديث باطل موضوع، ليس له إلى الصدق رجوع، ولا له عليه وقوع، وإن كان قد ذكره من يقتدى به، ولكن ممن ليس له بالحديث بصر، ولكل علم رجاله، وعند الله مقدار الكل وحاله. وقال الدسوقي في حاشيته (٤/ ١٨١): وهذا الخبر ذكره ابن حبيب في الواضحة، ولا يُعرف في كتب الحديث المشهورة. وعزاه إلى ابن حبيب: ابن رشد في البيان والتحصيل (٩/ ٣٢٥)، وابن عليش في منح الجليل (٨/ ٤٣٤) وغيرهما. وانظر: كشف الخفاء (٢/ ٥٢)، الجد الحثيث (ص ١٣٣).

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