Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Je n’ai jamais trouvé quiconque ait rapporté cela, avec une chaîne de transmission continue, d’un Compagnon. Ibn ʿAbd al-Barr seul l’a cité de manière mursal d’après ʿĀʾisha. Quant au récit muʿsnad provenant de ʿĀʾisha, il se trouve dans l’affaire de Laylā bint al-ʿAjmāʾ : elle y assimila l’affranchissement subordonné – lorsqu’il est voulu comme serment – au vœu conditionnel, et elle prononça dans tous ces cas l’obligation d’une kaffāra. Son argumentation, dans l’ensemble de ses autres réponses relatives aux formules conditionnelles employées comme serment, corrobore cette position ; il est en effet établi par plusieurs voies qu’elle considérait toute suspension visant le serment comme un serment nécessitant l’expiation, et l’on rapporte d’elle des expressions générales qui vont dans le même sens. Il est donc, sans aucun doute, préférable de transmettre son madhhab à ce sujet sur la base de ces données que de l’attribuer à une parole qu’aucun n’a authentifiée ; et, à supposer même que cette dernière fût avérée, il y aurait alors deux versions issues d’elle.

Un groupe de juristes a cité, avec isnād (1), la parole de ʿĀʾisha attribuée au Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – et l’a invoquée comme preuve ; parmi eux : le shaykh Abū Ḥāmid, al-Māwardī, le qāḍī Abū Ṭayyib, le qāḍī Abū Yaʿlā et Abū al-Khaṭṭāb.

Le shaykh Abū Ḥāmid al-Isfarāyīnī dit : « Il est rapporté d’ʿĀʾisha que le Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a déclaré, au sujet de celui qui jure de consacrer ses biens au vantail de la Kaʿba, ou dans le sentier d’Allah, ou aux pauvres :

« Ce n’est rien d’autre que l’expiation d’un serment. » (2)

Abū Ḥāmid conclut : « Ceci constitue un texte explicite. »

(1) C’est-à-dire « marfūʿ », et non qu’il soit pourvu d’une chaîne de transmission ininterrompue ; car il n’est pas d’usage, chez ces juristes, de mentionner les isnād des ḥadīths et des athār qu’ils rapportent. Voir : Ma‘rifat Anwā‘ ʿIlm al-Ḥadīth, p. 114 ; Fatḥ al-Mughīth, t. 1, p. 132 ; Tadrīb ar-Rāwī, t. 1, p. 199. (2) Je n’en ai pas trouvé de chaîne complète ; Ibn Qudāma en parle dans al-Mughni (t. 13/462) sans en préciser la provenance ; ce hadīth avait déjà été cité plus haut comme mauqūf. Le propos d’al-Mujīb sur l’impossibilité de l’attribuer au Prophète (marfūʿ) sera exposé ultérieurement.
ولم أجد أحدًا قط نقل هذا نقلًا مسندًا عن أحد من الصحابة، لكن ابن عبد البر نَقَلَه مرسلًا عن عائشة، والمسندُ عن عائشة في حديث ليلى بنت العجماء أنها جعلت تعليق العتق الذي قصد به اليمين كتعليق النذر، وأفتت في الجميع بكفارة وتعليلها في سائر أجوبتها في التعليق الذي يقصد به اليمين يوافق ذلك، فإنه قد ثبت عنها من غير وجه أنها كانت تجعل التعليق الذي [١١٨/ ب] يقصد به اليمين يمينًا مكفَّرة، وروي عنها ألفاظ عامة توافق ذلك، فَنَقْلُ مذهبها في مثل هذا أولى ــ بلا ريب ــ من نقل مذهبها في قول لم يسنده أحد، ولو قُدِّرَ ثبوته لكان عنها روايتان. وطائفة من الفقهاء ذكروا قول عائشة مسندًا (١) عن النبي - صلى الله عليه وسلم - واحتجوا به، منهم: الشيخ أبو حامد والماوردي والقاضي أبو الطيب والقاضي أبو يعلى وأبو الخطاب. قال الشيخ أبو حامد الإسفراييني: وروي عن عائشة أَنَّ النبي - صلى الله عليه وسلم - قال فيمن حلف أَنْ يجعل ماله في رتاج الكعبة أو في سبيل الله أو في المساكين: «إنما هي كفارة يمين» (٢) . قال أبو حامد: وهذا نص.
(١) أي: مرفوعًا، لا أنه بإسناد متصل، فليس من عادة من ذكرهم من الفقهاء ذكر أسانيد ما يذكرونه من الأحاديث والآثار. انظر: معرفة أنواع علم الحديث (ص ١١٤)، وفتح المغيث (١/ ١٣٢)، تدريب الراوي (١/ ١٩٩). (٢) لم أجده مسندًا، وقد ذكره ابن قدامة في المغني (١٣/ ٤٦٢) ولم يعزه؛ وقد تقدَّم هذا عنها موقوفًا. وسيأتي كلام المجيب حول عدم ثبوته مرفوعًا.

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