relève du jurant lui-même ; il demeure toutefois possible qu’il ait distingué entre le serment assorti de divorce et celui assorti d’affranchissement, mais l’assimilation des deux cas ressort plus clairement.
Ainsi, si l’on rapporte la doctrine d’Ibn ʿUmar en se fondant sur la version d’ʿUthmān ibn Ḥāḍir et qu’on retient celle-ci comme l’une de ses opinions, cela est recevable et son évidence admise ; cependant, la version selon laquelle rien ne devient obligatoire ni dans l’un ni dans l’autre cas, et qu’il convient plutôt d’acquitter une kaffāra de serment, est, de l’avis unanime des gens de science, la plus ferme et la plus authentique. Il s’agit, comme on l’a vu, de sa position la plus tardive.
Partant, si son propos, selon cette première version, est relaté par analogie à propos du divorce, il convient, avec une analogie plus solide encore, de rapporter son propos d’après la seconde version ; or, selon la plus fiable des deux, ni le divorce conditionné par serment, ni l’affranchissement conditionné par serment, ni le vœu ne prennent effet : dans tous ces cas, l’expiation d’un serment suffit.
Dès lors, sa fatwā concernant celui qui dit à son épouse : « Tu es divorcée si tu sors » vise la personne qui entend effectivement divorcer d’elle à l’avènement de la condition, non celle qui, tout en haïssant le divorce, n’entend que prêter serment. Il apparaît donc que le rapport qui lui attribue l’expiation pour quiconque jure par un vœu, un affranchissement ou un divorce est plus solide que celui qui lui en fait juger la mise à exécution, et ce rapport correspond à sa position tardive.
En résumé, nul ne conteste que deux versions sont rapportées de lui ; toutefois, il est absolument infondé de lui imputer une distinction entre le serment assorti de divorce ou d’affranchissement et celui assorti d’un vœu, comme le prétendent l’objection et ses semblables, qui citent d’Ibn ʿUmar, d’Ibn ʿAbbās ou d’autres des propos laissant croire qu’ils auraient dit cela. Or, cette distinction n’a été transmise par personne, ni en récit mursal ni avec chaîne complète, ni d’Ibn ʿUmar ni d’Ibn ʿAbbās ; bien au contraire, elle contredit tout ce qui a été rapporté avec isnād des Compagnons.