Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Les récits authentiquement attribués aux Compagnons ne concernent que le cas de celui qui a suspendu le divorce à l’acquisition de la propriété, et non celui qui a prêté serment au moyen de cette suspension – comme il a été exposé plus haut.

Quant au rapport attesté d’ʿUmar, il nous est parvenu par deux voies : la narration de Ibn al-Musayyab et celle de Mujāhid. Tous deux sont des imams dignes de confiance, parmi les plus versés dans la connaissance des propos d’ʿUmar ; il y est établi qu’il distinguait entre la suspension destinée à constituer un serment et celle destinée à entraîner une sanction impérative. Abū Dāwūd a rapporté cela (1).

La plupart des savants se réfèrent à ce qu’Ibn al-Musayyab transmet d’ʿUmar ; je ne connais aucun des Anciens qui l’ait contesté. Il est même rapporté qu’Ibn ʿUmar interrogeait Ibn al-Musayyab au sujet des décisions de son père ʿUmar (2).

S’il se trouve quelqu’un pour objecter que ce récit est mursal, au motif que Saʿīd n’a entendu ʿUmar que lorsqu’il prêchait du haut de la chaire, alors il ne lui serait pas permis d’arguer des ijmāʿ non reliés qu’il cite – tels ceux que rapportent Abū Thawr, Muḥammad ibn Naṣr, Ibn Jarīr, Ibn ʿAbd al-Barr et leurs semblables. Ce récit n’est, après tout, qu’une parole isolée d’ʿUmar, rapportée peu de temps après les faits ; or, si l’on rejette la simple transmission qu’ils feraient d’une unique opinion d’un Compagnon, à plus forte raison devrait-on rejeter ce qu’ils rapportent – innombrable – en matière de consensus des savants.

Personne n’a transmis d’ʿUmar une opinion contraire ; il en a été établi de même pour sa fille Ḥafṣah.

(1) Transmission d’Abū Dāwūd selon la chaîne d’Ibn al-Musayyib, déjà référencée (p. 225). Pour la version transmise par Mujāhid, al-Bayhaqī la rapporte dans les Sunan al-Kubrā (vol. 20, p. 177, n° 20071) : « ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb et ʿĀʾisha déclarent que celui qui jure “par la marche”, ou “par sa fortune au profit des pauvres”, ou “par les portes de la Kaʿba” doit expier son serment en nourrissant dix indigents. » (2) Minhāj as-Sunnah (vol. 7, p. 525).
والمنقول المسند عنهم إنما هو فيمن عَلَّقَ الطلاقَ بالملك لا مَنْ حَلَفَ بهذا التعليق ــ كما تقدم ــ. والنقل المسند عن عمر من وجهين؛ من رواية ابن المسيب عنه، ومن رواية مجاهد؛ وكلاهما إمام ثقة مِنْ أَخْبَرِ الناس بقول عمر أَنَّه كان يُفَرِّقَ بين التعليق الذي يقصد به اليمين، والتعليق الذي يقصد به لزوم الجزاء، وقد رَوَى ذلك أبو داود (١) . وعامة العلماء يحتجون بما ينقله ابن [١١٧/ ب] المسيب عن عمر، ما علمتُ أحدًا من المتقدمين طعن في هذا، وروي أن ابن عمر كان يسأل ابن المسيب عن قضايا عمر (٢) . وَمَنْ عَلَّلَ ذلك بأنه مرسل، لكون سعيد لم يسمع من عمر إلا على المنبر = لم يكن له أن يحتج بالإجماعات المرسلة التي ينقلها مثل: أبي ثور ومحمد بن نصر وابن جرير وابن عبد البر وأمثالهم، فإن ذلك نقل عن عمر وحده شيئًا مع قرب العهد، فهؤلاء لو نقلوا قول واحد من الصحابة لم ينبغي أَنْ يُقبل مجرد نقلهم إذا رُدَّ نقل سعيد بن المسيب؛ فكيف إذا نقلوا ما لا يمكن حصره من إجماع العلماء؟ ولم يَنْقُل أحدٌ عن عمر خلاف ذلك كما ثبت مثل ذلك عن حفصة ابنته
(١) رواية أبي داود من طريق ابن المسيب، وقد تقدم تخريجها (ص ٢٢٥)، أما ما جاء من طريق مجاهد؛ فقد أخرجه البيهقي في السنن الكبير (٢٠/ ١٧٧/ ح ٢٠٠٧١) قال: قال عمر بن الخطاب وعائشة في الرجل يحلف بالمشي، أو ماله في المساكين، أو في رتاج الكعبة: إنها يمين يُكفِّرها إطعام عشرة مساكين. (٢) منهاج السنة (٧/ ٥٢٥).

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