Les récits authentiquement attribués aux Compagnons ne concernent que le cas de celui qui a suspendu le divorce à l’acquisition de la propriété, et non celui qui a prêté serment au moyen de cette suspension – comme il a été exposé plus haut.
Quant au rapport attesté d’ʿUmar, il nous est parvenu par deux voies : la narration de Ibn al-Musayyab et celle de Mujāhid. Tous deux sont des imams dignes de confiance, parmi les plus versés dans la connaissance des propos d’ʿUmar ; il y est établi qu’il distinguait entre la suspension destinée à constituer un serment et celle destinée à entraîner une sanction impérative. Abū Dāwūd a rapporté cela (1).
La plupart des savants se réfèrent à ce qu’Ibn al-Musayyab transmet d’ʿUmar ; je ne connais aucun des Anciens qui l’ait contesté. Il est même rapporté qu’Ibn ʿUmar interrogeait Ibn al-Musayyab au sujet des décisions de son père ʿUmar (2).
S’il se trouve quelqu’un pour objecter que ce récit est mursal, au motif que Saʿīd n’a entendu ʿUmar que lorsqu’il prêchait du haut de la chaire, alors il ne lui serait pas permis d’arguer des ijmāʿ non reliés qu’il cite – tels ceux que rapportent Abū Thawr, Muḥammad ibn Naṣr, Ibn Jarīr, Ibn ʿAbd al-Barr et leurs semblables. Ce récit n’est, après tout, qu’une parole isolée d’ʿUmar, rapportée peu de temps après les faits ; or, si l’on rejette la simple transmission qu’ils feraient d’une unique opinion d’un Compagnon, à plus forte raison devrait-on rejeter ce qu’ils rapportent – innombrable – en matière de consensus des savants.
Personne n’a transmis d’ʿUmar une opinion contraire ; il en a été établi de même pour sa fille Ḥafṣah.