Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant aux grands Tābiʿīn – et, plus largement, à la majorité des savants –, ils contredisent l’opinion rapportée par Abū Muṣʿab à ce sujet ; après avoir pris en compte l’intention, puis le motif du serment et la tournure employée pour l’énoncer (1) – selon ceux qui s’en remettent à ce principe, tels Mālik et Aḥmad ibn Ḥanbal –, ils ramènent la question au ʿurf du locuteur concernant le fait de « se rendre chez sa famille » ou l’accomplissement du Ḥajj.

Si quelqu’un jure qu’il n’accomplira ni la prière, ni le jeûne, ni le Ḥajj, devient-il parjure dès qu’il entame l’un de ces actes ? La divergence, ici, est bien connue.

Le point essentiel est le suivant : lorsqu’il devint courant chez leurs auteurs tardifs de considérer que celui qui prête serment est assimilé à celui qui prononce effectivement (le divorce), même lorsqu’il jure sous la forme d’un vœu, Mālik rapporta cela dans son Muwaṭṭaʾ sans mentionner la moindre trace (athar) d’un Compagnon ; or, sa coutume est de citer, chaque fois qu’il existe dans le chapitre un hadith du Prophète – paix et bénédictions d’Allāh sur lui – ou un propos d’un Compagnon, voire ce qui est transmis des Tābiʿīn.

De même, lorsqu’il rapporte leur avis sur le serment de marcher, l’aumône de tout son bien, le serment par la répudiation ou l’affranchissement et autres cas, et qu’il affirme que le jurant est tenu par ce qu’il a juré, il ne cite aucune parole de Compagnons, comme à son habitude ; cela indique que cette opinion appartient aux savants tardifs, tels Rabīʿah, Ibn Hurmuz et leurs semblables (2).

La chose est certaine, surtout dans le cas de celui qui prête serment au sujet d’une affaire dont il n’est pas sûr (3) : ils lui imposent la répudiation, même si la véracité de sa parole apparaît, comme dans la question [« Dans une amande, il y a deux grains »] (4).

(1) Le copiste a placé au-dessus de la première lettre le signe (ẓ) ; la leçon correcte est sans doute « وباعثها ». (2) Qāʿidat al-ʿuqūd, t. 2, p. 312. (3) Le texte porte « يحرم » (yuḥarrim) ; j’ai rétabli la graphie correcte. (4) Le texte original porte « الملوذين » (al-malawwidhīn) ; le copiste a noté en marge le signe (ẓ) ; la leçon exacte est celle rétablie ici, comme l’expose Ibn al-Qayyim dans Ighāthat al-Lahfān (t. 1, pp. 224, 304). Voir aussi al-Nawādir wa al-Ziyādāt (t. 4, p. 286), al-Talqīn (t. 1, p. 127) et al-Kāfī fī fiqh Ahl al-Madīna (t. 2, p. 578).
وأكابر التابعين، بل أكثر العلماء يخالفون ما ذكره أبو مصعب في ذلك، وَيَرُدُّونَ ذلك بعد اعتبار النيةِ، وبعدَ اعتبارِ سببِ اليمينِ وناقلها (١) ــ عند من يقول بذلك كمالك وأحمد بن حنبل ــ إلى عُرْفِ المتكلم في الخروج إلى أهلها وفي الحج. ولو حلف لا يصلي ولا يصوم ولا يحج هل يحنث بالشروع؟ فيه نزاع مشهور. والمقصود: أنه لَمَّا كان مشهورًا عند متأخريهم أَنَّ الحالف كالمُوقِع حتى في الحلف بالنذر كما ذكره مالك في موطئه ولم يذكر في ذلك أثرًا عن أحد من الصحابة، مع أنه من عادته إذا كان في الباب أثر عن النبي - صلى الله عليه وسلم - أوعن الصحابة ذكره، [١١٧/ أ] بل ويذكر ما روي عن التابعين. ولَمَّا ذكر قولهم في الحلف بالمشي وصدقة المال والحلف بالطلاق والعتاق ونحو ذلك وأنه يلزمه ما حلف به =لم يذكر في ذلك أثرًا عن أحد من الصحابة كعادته، فدلَّ على أَنَّ ذلك من رأي متأخريهم؛ كربيعة وابن هرمز وأمثالهما (٢) . وهذا مما يعلم قطعًا؛ لا سيما في مثل مَنْ حَلَفَ على شيءٍ لا يجزم (٣) به فإنهم يلزمونه الطلاق وإن ظهر صدقه، كمسألة [في اللوزة حبتين] (٤)
(١) وضع الناسخ فوق الحرف الأول (ظ)؛ ولعل الصواب: (وباعثها). (٢) قاعدة العقود (٢/ ٣١٢). (٣) في الأصل: (يحرم)، والصواب ما أثبتُّ. (٤) في الأصل: (الملوذين)، وكتب الناسخ في الهامش (ظ)، ولعل الصواب ما أثبت، حيث ذكر هذه المسألة ابن القيم في إغاثة اللهفان (١/ ٢٢٤، ٣٠٤). وانظر: النوادر والزيادات (٤/ ٢٨٦)، والتلقين (١/ ١٢٧)، والكافي في فقه أهل المدينة (٢/ ٥٧٨).

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