ces Compagnons – qu’Allāh les agrée – considèrent que celui qui suspend la répudiation à l’acquisition du lien (matrimonial) voit celle-ci effectivement prononcée dans ce cas précis ; cela équivaut à la situation de celui qui, ultérieurement, suspend la répudiation à cette même acquisition.
Et, dans toutes les circonstances, ils affirment : « Quiconque jure par la répudiation et se parjure, la répudiation devient obligatoire pour lui », comme l’a rapporté Abū Muṣʿab (1) d’après leurs propos dans l’ouvrage qu’il a composé sur leur école (2). Il s’agit là de l’unanimité des savants médinois postérieurs.
Abū Muṣʿab dit, dans son Mukhtaṣar : « Les habitants de Médine, la cité de l’Hégire et le pays du Messager d’Allāh – paix et bénédiction d’Allāh sur lui – se sont accordés sur des avis concernant le licite et l’illicite sans y connaître de divergence. Ils se sont, en revanche, opposés sur d’autres questions ; ils les ont débattues, en ont recherché la source, jusqu’à ce que la vérité les conduise à ce que j’ai consigné, dans chaque chapitre, de ce qu’il convient de connaître. Figurent donc parmi ces matières ce sur quoi ils sont unanimes et qu’ils rapportent de la Sunnah, et qu’il a réparti dans les chapitres de fiqh, où il a mentionné des questions liées au serment formulé par la répudiation ; parmi elles :
– Celui qui jure par la répudiation que son épouse ne sortira pas chez sa famille : si elle s’y rend, elle est répudiée sur-le-champ, sans qu’on attende qu’elle les atteigne ; de même, s’il la ramène après son départ, elle est répudiée.
– De même, s’il jure qu’elle n’accomplira pas le ḥajj, puis qu’elle part et se met en iḥrām au miqāt, elle est répudiée ; et s’il la ramène après son entrée en iḥrām, elle est répudiée.
Ainsi, Abū Muṣʿab rapporte de telles questions des gens de Médine. Or, il est manifeste que, sous cette appellation, il vise les savants médinois postérieurs – Rabīʿah, Ibn Hurmuz et leurs semblables – et non les Compagnons ni les grands Tābiʿīn, car de telles questions ne sauraient être transmises de l’un quelconque des Compagnons.