L’énoncé le plus authentique rapporté au sujet de l’effectivité de la répudiation suspendue à la conclusion du mariage est celui d’Ibn Masʿūd – qu’Allāh l’agrée – (1) ; il ne concernait que celui qui avait dit : « Si j’épouse untelle, elle est répudiée. » Il en va de même du récit attribué à ʿUmar – qu’Allāh l’agrée – bien que sa chaîne soit faible (2). Quant au récit d’Ibn ʿUmar – qu’Allāh les agrée tous deux –, sa chaîne de transmission n’est pas connue (3). Celui qui scrute attentivement les traditions transmises des Compagnons – qu’Allāh les agrée – à ce sujet constatera qu’il ne leur est rien attribué, si ce n’est à propos de celui qui suspend la répudiation à la conclusion du mariage, et non au sujet de celui qui jure par une répudiation ainsi suspendue (4).
Cependant, les deux situations étant considérées comme équivalentes par Mālik et par les shouyoukh dont il a reçu – le serment par la répudiation et la mise à exécution de la répudiation étant, à leurs yeux, une seule et même chose –, et comme Mālik – qu’Allāh lui fasse miséricorde – n’a cité ni isnād ni les termes mêmes employés par les Compagnons – qu’Allāh les agrée –, mais seulement ce qui leur avait été transmis (5) par ceux pour qui les deux cas étaient identiques, ceux-là avaient entendu de
(1) La formule qui lui est attribuée est la suivante : on a demandé à Ibn Masʿūd — qu’Allah soit satisfait de lui — au sujet d’un homme qui disait : « Si j’épouse une telle, alors elle est répudiée. » Il répondit : « Ta femme t’est devenue parfaitement évidente ; adresse-lui donc ta demande conjugale. » Rapporté par ʿAbd al-Razzāq dans son Muṣannaf (6/420), par Ibn Abī Shaybah (n° 18143), par al-Ṭaḥāwī dans Mushkil al-Athār (2/138) et par al-ʿUqaylī dans al-Duʿafā’ (4/1281).
(2) La formule rapportée est : un homme vint trouver ʿUmar b. al-Khaṭṭāb et lui dit : « Toute femme que j’épouse, elle est répudiée trois fois. » ʿUmar lui répondit : « Alors, elle est répudiée comme tu dis. » Rapporté par ʿAbd al-Razzāq dans son Muṣannaf (6/421, h. 11474). Al-Mujīb signale sa faiblesse, au motif que Abū Salamah b. ʿAbd al-Raḥmān, le narrateur de ce récit d’après ʿUmar, ne l’a pas entendu de lui.
(3) Son référencement figure plus haut (p. 424) ; elle figure dans le Muwaṭṭaʾ à titre de rapport, et Ibn ʿAbd al-Barr ne l’a pas commentée dans al-Istidhkār (18/114 et suiv.).
(4) Voir les occurrences chez eux dans : Muṣannaf ʿAbd al-Razzāq (6/415 et suiv.) et Muṣannaf Ibn Abī Shaybah (9/524 et suiv.).
(5) Telle que dans le texte, il s’agit de la locution aklūnī al-barāghīth (« Ils m’ont dévoré comme des puces. »).