Il a dit :
« Si tu sors, tu es répudiée ; si tu entres dans la demeure d’Untel, tu es répudiée ; si tu prends quoi que ce soit de mes biens sans mon autorisation, tu es répudiée ; si tu frappes mon fils, tu es répudiée ; si tu nies ce que je t’ai donné, tu es répudiée ; si tu dissimules ce que je t’ai donné, tu es répudiée ; si tu ne rends pas l’argent que tu as pris, tu es répudiée », et autres formules analogues. Dans de tels propos, son intention est soit d’empêcher cet acte et de le proscrire, soit d’y pousser son épouse et de le lui ordonner. Toutefois, il peut vouloir que la répudiation prenne effet si elle transgresse son ordre ; dans ce cas, il ne prête pas serment. Il se peut aussi qu’il n’entende que l’exhortation ou la dissuasion, en renforçant son propos par un serment, tout en abhorrant absolument la répudiation, même si elle venait à le contredire ; c’est là le cas de celui qui prête serment.
Il est notoire, au sujet de l’homme dont Nāfiʿ rapporte qu’il a conditionné la répudiation de son épouse à sa sortie, qu’il voulait l’empêcher de sortir ; or l’on ne sait pas s’il répugnait ou non à la répudier si elle sortait. Il en va de même pour celui qui déclare : « Si tu fais telle chose, alors toutes mes femmes sont répudiées, tous mes esclaves affranchis, tous mes biens voués en aumône et j’assume trente pèlerinages », et propos similaires, qui montrent qu’il déteste voir ces engagements devenir effectifs. Faute de savoir s’il éprouve réellement cette aversion, il se peut qu’il ne fasse que suspendre (la répudiation) sans prêter serment, ou qu’il prête véritablement serment.
C’est pourquoi le répondant a dit : « Al-Bukhârî rapporte d’Ibn ʿUmar un récit qui peut relever de cette catégorie ou ne pas en relever ; et lorsqu’on connaît l’intention du répondant, seul un obstiné conteste la possibilité de ces deux lectures. »
Quant à l’objection qui prétend alors qu’il s’agit d’un énoncé explicite ne souffrant aucune autre interprétation, elle est infondée. Certes, il n’admet que l’idée d’interdire l’acte ; on ne saurait y voir une simple suspension dénuée de caractère dissuasif. Toutefois, tout en comportant l’interdiction de l’acte, il se peut (1) qu’il ait voulu la répudier si elle sortait, tout comme il se peut qu’il n’ait voulu que la lier par un serment, tout en détestant la répudiation, même au cas où elle sortirait,
à l’exemple de celui qui dit : « Si … »