4 – L’auteur rendait auparavant des avis conformes à ceux de la majorité des jurisconsultes des différentes écoles – l’objectant compris – jusqu’à ce que la vérité se manifeste à lui. Il l’a indiqué à la page 451, lorsqu’il déclare : « En vérité, le répondant n’a pas été formé sur cette opinion, et nul intérêt particulier ne l’y inclinait ; au contraire, il professait l’avis opposé et émettait constamment des fatwas contraires. Cependant, lorsqu’il examina la question et discerna la vérité, il ne lui fut plus permis d’énoncer autre chose que ce qui lui était devenu évident… », etc. – et cela, Allah est plus Savant –, c’est précisément ce qui arriva à Ibn Taymiyya lorsqu’il entreprit de revoir certains sujets et d’exercer son ijtihâd sur les questions dont les gens avaient besoin, à une époque où les artifices juridiques et les procédés de licéité se multipliaient.
5 – Dans la notice biographique qu’il consacre à son père dans les « Ṭabaqât » (10/195), Tâj ad-Dîn as-Subkî rapporte qu’Ibn Taymiyya dit à son sujet, dans la réfutation qu’il lui adressa : « Celui-ci a surpassé ses pairs. » Or cette même formule figure dans la partie du manuscrit que nous possédons, où l’on lit (p. 789) : « … comme l’affirme cet objectant qui a devancé ses semblables et dont le mérite s’est manifesté à leur égard par des actes qu’ils sont incapables d’accomplir », ainsi qu’à la page 933 : « Quant à la méthode qu’il a suivie dans son “Taḥqîq fî t-Taʿlîq” – ainsi a-t-il nommé son ouvrage –, à la finesse des notions qu’il y approfondit, aux traditions qu’il y rapporte, aux citations et recherches qu’il y rassemble, c’est par tout cela qu’il a surpassé les autres. »
6 – Tâj as-Subkî précise qu’il n’a consulté qu’un seul volume de cette réfutation ; il est donc probable que le volume qu’il a vu soit précisément celui que vous avez sous les yeux, comme le corrobore ce qui vient d’être mentionné au paragraphe précédent.
7 – Le copiste du manuscrit s’est constamment attaché à désigner l’auteur de l’ouvrage réfuté par le terme « l’objectant » ; il est désormais clair que l’ouvrage en question est de Subkî. De même, il désigne par « le répondant » l’auteur de la réfutation ainsi que l’auteur de la fatwa que Subkî critiquait ; or cette fatwa émane d’Ibn Taymiyya. Cela constitue donc une preuve que le répondant n’est autre qu’Ibn Taymiyya.