Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

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L’adversaire objecta :
« Il est pour le moins étonnant — [112/a] — que l’Auteur ait opposé, en l’espèce, l’athar d’Ibn ‘Abbâs rapporté par al-Bukhârî, qu’il se soit appuyé sur la compréhension qu’il en a tirée, puis, une page plus loin, ait écrit :
« Al-Bukhârî rapporte également d’Ibn ‘Umar un récit concernant le divorce qui peut relever de cette question comme il peut ne pas en relever. »
Il fait ici allusion à l’athar d’Ibn ‘Umar que nous avons déjà cité, les deux traditions se trouvant chez al-Bukhârî dans le chapitre mentionné.

La formulation d’Ibn ‘Umar ainsi que [la question qui lui fut soumise][1] sont explicites et n’admettent aucune autre interprétation, à moins qu’un polémiste, poussé à l’excès dans son obstination, ne prétende qu’il n’avait pas l’intention de jurer mais seulement de formuler une clause suspensive. Une telle affirmation est des plus invraisemblables, car la réponse d’Ibn ‘Umar est donnée sans restriction. Cette lecture est appuyée par le texte explicite du Musnad d’Ahmad, où il est bien question d’un serment, ainsi que par le récit transmis par Mâlik, dans le Muwaṭṭaʾ[2], d’après ‘Umar, Ibn ‘Umar et d’autres — comme il a déjà été indiqué — selon lequel ils disaient : « Lorsqu’un homme jure par le divorce d’une femme avant de l’avoir épousée, puis commet la transgression, ce divorce devient obligatoire pour lui [s’il l’épouse][3]. » Mâlik l’a rapporté sous forme de balâgh.

Si telle était l’opinion d’Ibn ‘Umar avant la conclusion du mariage, que penses-tu de sa position après celui-ci ? Ces trois traditions nous montrent donc clairement la doctrine d’Ibn ‘Umar : il compte parmi ceux qui estiment que le divorce et l’affranchissement prennent effet dès

(1) À l’origine : « شمل ». La lecture correcte est « ما أثبتُّ » ; on le verra bientôt dans la discussion qu’Ibn Taymiyya consacre à ce passage, ainsi que dans al-Taḥqīq. (2) al-Muwaṭṭaʾ, vol. 2, p. 98. Cet énoncé, Mālik le rapporte d’ʿUmar, de son fils, d’Ibn Masʿūd, de Salim b. ʿAbdallāh, de Qāsim b. Muḥammad, d’Ibn Shihāb et de Sulaimān b. Yasar. (3) Le passage entre parenthèses est un ajout provenant du Muwaṭṭaʾ.
فصلٌ قال المعترض: (ومن العجب [١١٢/ أ] أَنَّ المصنِّف عَارَضَ بأثر ابن عباس الذي رواه البخاري هذا، واعتمد على ما فهمه منه، وقال بعد ذلك بورقة: وقد ذكر البخاري عن ابن عمر أثرًا في الطلاق يحتمل أَنْ يكون من هذا الباب، ويحتمل ألا يكون منه؛ يشير إلى أثر ابن عمر الذي قَدَّمْنَاهُ، وكلاهما مذكور في البخاري في هذا الباب الذي أشرنا إليه. ولفظ ابن عمر وما [سئل عنه] (١) مبينٌ لا يحتمل أمرًا آخر، إلا أَنْ يقول مُتَعَسِّفٌ في غاية التعنت إنه لم يقصد الحلف بل التعليق المجرد، وذلك في غاية البُعْد لإطلاق ابن عمر الجواب، ويعضده رواية أحمد الصريحة في الحلف، ورواية مالك في الموطأ (٢) عن عمر وابن عمر وغيرهما ــ كما تقدم ــ كانوا يقولون: إذا حلف الرجل بطلاق امرأة قبل أن ينكحها، ثم أَثِم؛ إنَّ ذلك لازم له [إذا نكحها] (٣) . رواه بلاغًا. فإذا كان هذا قول ابن عمر قبل النكاح، فما ظنك فيما بعده؟ فهذه الآثار الثلاثة تبين لنا مذهب ابن عمر، وأنه من القائلين بوقوع الطلاق والعتق عند
(١) في الأصل: (شمل)، والصواب ما أثبتُّ؛ كما سيأتي بعد قليل في مناقشة ابن تيمية لكلامه هذا، وكما في «التحقيق». (٢) الموطأ (٢/ ٩٨). وهذا البلاغ نقله مالك عن عمر وابنه وابن مسعود وسالم بن عبد الله والقاسم بن محمد وابن شهاب وسليمان بن يسار. (٣) ما بين المعقوفتين زيادة من الموطأ.

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