Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

C’est pourquoi je n’ai trouvé personne mentionnant qu’Ibn Taymiyya eût répliqué, par exemple, à Ibn al-Zamlakânî, alors même que ce dernier lui consacra une longue réfutation réunie en un volumineux tome (1). Pourtant, Ibn Taymiyya ne lui répondit ni à lui ni à d’autres : peut-être jugea-t-il suffisant ce qu’il avait déjà adressé à al-Subkî ; ou bien considérait-il que l’objection d’Ibn al-Zamlakânî n’atteignait pas, de son point de vue – comme le laissent entendre les propos que j’ai rapportés tout à l’heure – la force de celle d’al-Subkî ; il se peut aussi qu’il n’ait pas eu connaissance de la réfutation d’Ibn al-Zamlakânî, ou qu’il y ait eu d’autres raisons. Quoi qu’il en soit, le lecteur de cet ouvrage sera convaincu qu’il constitue la démolition de la totalité, ou du moins de la plupart, des arguments des contradicteurs, et qu’il met en évidence la solidité de l’avis qu’il – qu’Allah lui fasse miséricorde – a retenu.

Par ailleurs, cette réfutation renferme la discussion, par Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya – qu’Allah lui fasse miséricorde –, d’une question comptant parmi les points de divergence les plus délicats, dans lesquels nombre de savants n’osent s’aventurer pour en examiner les preuves et en établir la prépondérance. Certains se sont ainsi contentés de rapporter un consensus sans vérifier la validité d’une telle prétention, ou se sont retranchés dans le pur conformisme, délaissant l’étude approfondie des arguments permettant de distinguer l’opinion correcte de celle qui ne l’est pas (2).

(1) C’est ainsi qu’Ibn Kathīr le décrit dans al-Bidāya wa-l-Nihāya, vol. 18, p. 286. (2) Selon Abū al-Walīd al-Azdī, dans al-Mufīd lil-Ḥukkām, vol. 4, p. 99 : « Il ne convient pas de recevoir la question ainsi, de façon purement traditionnelle, sans qu’un esprit pénétrant la nuance et qu’une langue de démonstration l’éclaire… Il n’appartient ni au juge ni à quiconque de prolonger la plume dans une fatwa avant d’avoir médité de telles significations, car, si le jugement n’est pas établi de manière explicite par une lumière intellectuelle révélant la signification associée, il s’éteint. Et la réussite est entre les mains de Dieu. »
ولهذا لم أجد مَنْ أشار إلى أنَّ ابن تيمية قد ردَّ على ابن الزَّمْلَكَاني ــ مثلًا ــ مع أنَّ الأخير قد ردَّ على ابن تيمية ردًّا مطوّلًا في مجلد كبير (١) إلا أنَّ ابن تيمية لم يَرُدَّ عليه ولا على غيره، رُبَّما اكتفاءً بما ردَّ به على السبكي، أو أَنَّ اعتراض ابن الزَّمْلَكَاني لم يكن بقوةِ اعتراض السبكي ــ من وجهة نظر شيخ الإسلام كما قد يُشير إليه كلامه الذي نقلته قبل قليل ــ، أو أنَّه لم يطَّلع على رد ابن الزَّمْلَكَاني، أو لغير ذلك من الأسباب؛ إلا أنَّ القارئ لهذا الكتاب سيكون على يقين بأنه يُعتبر نقضًا لكلِّ أو أغلب حجج مَنْ اعترض عليه، وبيانًا لقوة ما اختاره - رحمه الله -. ومن جهةٍ أخرى؛ فإنَّ هذا الرد يحتوي على مناقشة شيخ الإسلام ابن تيمية - رحمه الله - لمسألة هي من مضايق الخلاف، والتي تتقاصر همم كثيرٍ من العلماء عن الولوج في خضمها استدلالاً وترجيحًا، مما دفعَ بعضهم إلى الاكتفاء بحكاية الإجماع دون التحقيق في مدى صحة هذه الدعوى، أو الركون إلى التقليد، تاركين خوض غمار البحث في الأدلة التي من خلالها يتبيَّن القول الراجح من المرجوح (٢) .
(١) كذا وصفه ابن كثير في البداية والنهاية (١٨/ ٢٨٦). (٢) قال أبو الوليد الأزدي في المفيد للحكام (٤/ ٩٩): (ولا يَنبغي أَنْ تُتَلقَّى المسألة هكذا تلقيًا تقليديًا مِن غير أَنْ يَسِمَهَا قويُّ الفَهم، ويوضحها لسان البرهان ... ولا يَنبغي لحاكم ولا لغيره أَنْ يَمُدَّ القلم في فتوى حتى يتأمل مثل هذه المعاني، فإنَّ الحكم إنْ لم يَقَع مستوضحًا على نور فكري مشعر بالمعنى المربوط اضمحل؛ والتوفيق بيد الله).

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