C’est pourquoi je n’ai trouvé personne mentionnant qu’Ibn Taymiyya eût répliqué, par exemple, à Ibn al-Zamlakânî, alors même que ce dernier lui consacra une longue réfutation réunie en un volumineux tome (1). Pourtant, Ibn Taymiyya ne lui répondit ni à lui ni à d’autres : peut-être jugea-t-il suffisant ce qu’il avait déjà adressé à al-Subkî ; ou bien considérait-il que l’objection d’Ibn al-Zamlakânî n’atteignait pas, de son point de vue – comme le laissent entendre les propos que j’ai rapportés tout à l’heure – la force de celle d’al-Subkî ; il se peut aussi qu’il n’ait pas eu connaissance de la réfutation d’Ibn al-Zamlakânî, ou qu’il y ait eu d’autres raisons. Quoi qu’il en soit, le lecteur de cet ouvrage sera convaincu qu’il constitue la démolition de la totalité, ou du moins de la plupart, des arguments des contradicteurs, et qu’il met en évidence la solidité de l’avis qu’il – qu’Allah lui fasse miséricorde – a retenu.
Par ailleurs, cette réfutation renferme la discussion, par Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya – qu’Allah lui fasse miséricorde –, d’une question comptant parmi les points de divergence les plus délicats, dans lesquels nombre de savants n’osent s’aventurer pour en examiner les preuves et en établir la prépondérance. Certains se sont ainsi contentés de rapporter un consensus sans vérifier la validité d’une telle prétention, ou se sont retranchés dans le pur conformisme, délaissant l’étude approfondie des arguments permettant de distinguer l’opinion correcte de celle qui ne l’est pas (2).