On sait qu’il existe à ce sujet une divergence (1), et le divorce fait lui aussi l’objet d’un désaccord. Ainsi, si l’on subordonne la réalisation de l’affranchissement (2) à une condition pure, celui-ci s’exécute, car l’intention est de le faire advenir dès que la condition se réalise.
De même, si l’on en suspend l’obligation, comme lorsqu’on déclare : « Lorsque s’achèvera l’année lunaire, il m’incombera, pour Allah, d’affranchir mon esclave », il s’agit d’un vœu obligatoire ; en effet, le vœu non conditionné est impératif, tout comme celui qui est lié à l’apparition d’un bienfait ou à la dissipation d’un malheur ; dès lors, lorsqu’il est rattaché à une simple condition, il devient également obligatoire, à la différence de ce qui est suspendu dans l’intention d’un serment : c’est là précisément le point litigieux.
Dès lors, si l’on disait que certains Compagnons ont fait entrer en vigueur l’affranchissement juré, tout comme ils rendent obligatoire l’affranchissement voué, sans pour autant faire entrer en vigueur le divorce juré, cette assertion serait moins injurieuse pour les Compagnons — qu’Allah soit satisfait d’eux tous — et moins accusatrice d’un manque de compréhension que de leur attribuer l’avis selon lequel ils auraient rendu obligatoire le divorce juré, tout en n’imposant pas l’affranchissement juré.
Par ailleurs, l’affranchissement et le vœu sont des actes d’obéissance envers Allah et un moyen de se rapprocher de Lui ; si les Compagnons ont astreint le jurant à ces actes, assimilant la suspension par serment à la suspension d’un acte méritoire, cette opinion est celle à laquelle de nombreux savants ont adhéré. Quant au divorce, il ne constitue ni une œuvre d’adoration ni une obéissance envers Allah.
Il ne s’ensuit donc pas que, lorsqu’un auteur affirme que l’affranchissement et le vœu jurés sont obligatoires, nous devions nécessairement lui prêter l’opinion que le divorce juré l’est également, à moins que ses principes ou ses textes n’impliquent [109/a] l’égalité entre les deux cas.
Quant à attribuer cela aux Compagnons par un simple raisonnement analogique dont la validité, au regard du sens originel, n’est pas établie