le respect de ces vœux est unanimement requis ; toutefois, selon l’imâm Aḥmad et d’autres, il doit acquitter l’expiation d’un serment, tandis que, d’après al-Shâfiʿî, aucune expiation n’est due, sauf s’il avait expressément l’intention de prêter serment — question faisant l’objet d’une divergence au sein de son école. Ainsi, l’obligation d’affranchir devient obligatoire par le vœu, tandis que l’obligation de divorcer ne l’est pas.
Dès lors, si l’on avance que le « vœu-serment », appelé vœu de querelle et de colère, est assimilé au vœu de dévotion — conformément au récit rapporté dans le ḥadith de ʿUthmân ibn Ḥâḍir —, cela impliquerait que, lorsqu’un homme voue l’obligation d’affranchir, celle-ci le lie, alors que, s’il voue l’obligation de divorcer, elle ne le lie pas.
Ainsi, s’il dit : « Si je fais telle chose, il m’incombe d’affranchir mon esclave », l’obligation devient effective ; mais s’il dit : « Il m’incombe de divorcer de mon épouse », elle ne devient pas effective. En revanche, s’il suspend l’effet (de l’acte) sous forme de serment et déclare : « Si je fais telle chose, mon esclave est libre », l’affranchissement prend effet.
Selon cette opinion rapportée dans le ḥadith de ʿUthmân ibn Ḥâḍir, le vœu devient donc obligatoire, sans que, pour autant, le divorce ne s’ensuive, car l’obligation de divorcer n’est imposée ni dans le vœu de dévotion ni dans le vœu-serment, contrairement à l’obligation d’affranchir. Ainsi, si l’affranchissement s’exécute lorsqu’il est obligatoire, il ne s’ensuit pas que le divorce doive s’exécuter lorsqu’il ne l’est pas (1).
Bien plus, si quelqu’un soutenait que, lorsque l’obligation d’affranchir devient impérative, son exécution devient nécessaire, alors que, lorsque aucune des deux n’est obligatoire, aucune ne s’exécute, et que, de l’avis unanime, le divorce n’est jamais obligatoire et, partant, ne se réalise pas : cette affirmation serait plus cohérente et plus proche de la vérité que de prêter aux Compagnons l’opinion selon laquelle l’affranchissement juré ne s’impose pas alors que le divorce, lui, s’imposerait. Une telle attribution est, en effet, des plus viciées et contredit les fondements, les visées et les textes mêmes de la Loi révélée.
Par ailleurs, l’affranchissement peut être valablement subordonné à une condition — plusieurs savants ont même rapporté l’unanimité à ce sujet — et il n’est pas