Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Le watar :
C’est le singulier des « awṭâr » de l’âme. Allah — Exalté soit-Il — dit :

« Lorsqu’alors que Zayd eut tiré d’elle son besoin (wataran), Nous te la fîmes épouser »
(Al-Aḥzâb : 37).

Ce terme désigne ce qu’une personne vise et désire ; il s’agit de son objectif et de son intention. Il peut renvoyer soit à l’action même, soit à l’objet sur lequel elle porte. Dès lors, on peut dire : « Il n’y a de divorce que lorsqu’il procède d’une intention et d’un dessein relatifs au divorce », ou encore : « Il n’y a de divorce que suscité par une affaire voulue — cette affaire constituant le watar de l’homme — et cette affaire le conduit à vouloir divorcer ». Dans les deux cas, il est indispensable qu’il ait effectivement l’intention de divorcer.

Al-Bukhârî — qu’Allah lui fasse miséricorde — a montré qu’Ibn ʿAbbâs — qu’Allah l’agrée — a circonscrit le divorce à ce qui résulte d’une affaire recherchée par la personne et qui l’oblige à prononcer la répudiation ; en effet, la volonté de divorcer ne naît que d’une cause qui la suscite. Sans cela, la femme resterait son épouse et il ne voudrait pas la répudier. Il ne désire donc le divorce que pour un motif qui l’y pousse, à savoir son watar ; comme, par exemple, son désir d’épouser une autre femme, ce qui ne peut se réaliser qu’en divorçant de la première ; Allah — Très-Haut — dit :

« Si vous désirez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l’une d’elles un quintar, n’en reprenez rien ; le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste ? »
(An-Nisâ’ : 20).

De même, il peut vouloir s’installer dans un autre pays où il ne peut l’emmener, rechercher un gain matériel, une charge ou tout autre chose qui ne s’obtient qu’en la divorçant ; il la répudie alors pour ce watar. Ou encore, il la déteste — en raison de son physique, de son caractère ou de sa religion — et cette aversion le pousse à la répudier. Il se peut aussi que son père lui demande de la divorcer, et qu’il obéisse à son père ; ainsi Ibn ʿUmar — qu’Allah l’agrée, lui et son père — répudia son épouse lorsque son père ʿUmar — qu’Allah l’agrée — le lui ordonna, puis il interrogea le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — à ce sujet, et celui-ci lui dit : « Obéis à ton père » (1).

Ainsi, son intention [107/​A] d’obéir à son père et de lui témoigner sa piété filiale exigea qu’

(1) Ce hadith est rapporté ainsi : Ibn Abī Shaybah (n° 19397), Aḥmad (t. 8, p. 332) et d’autres. Il a été authentifié par Ibn Ḥibbān (t. 2, p. 169), al-Ḥākim (t. 2, p. 215) et aḍ-Ḍiyāʾ dans al-Mukhtārah (t. 13, p. 170). On le trouve également dans une version proche de celle mentionnée par al-Mujīb : Abū Dāwūd (n° 5138), at-Tirmidhī (n° 1189) et Ibn Mājah (n° 426). Et at-Tirmidhī précise : « ḥadīth ḥasan ṣaḥīḥ ».
والوَطَرُ: واحد أوطار النفس، قال تعالى: {فَلَمَّا قَضَى زَيْدٌ مِنْهَا وَطَرًا زَوَّجْنَاكَهَا} [الأحزاب: ٣٧] ، وهو: ما يقصده الإنسان ويريده، وهو غَرَضُهُ ومقصوده. وهو إما أَنْ يريد نفس المصدر، وإما أن يريد به المفعول به؛ فإما أَنْ يقال: لا طلاق إلا عن إرادةٍ وغرضٍ في الطلاق، وإما أَنْ يقال: لا طلاق إلا عن أمرٍ مراد، مراد ذلك المراد وهو وطر الإنسان، وذلك المراد يوجب له إرادة الطلاق؛ وعلى التقديرين فلا بُدَّ أن يكون مريدًا للطلاق. بَيَّن البخاري ــ رحمة الله عليه ــ أَنَّ ابن عباس - رضي الله عنه - حَصَرَ الطلاق فيما كان عن أَمْرٍ مرادٍ للإنسان أوجب أَنْ يُطَلِّق، فإنَّ إرادة الطلاق لا تكون إلا بسببٍ أوجبَ تلك الإرادة، وإلا فالمرأة كانت زوجته ولم يكن يريد طلاقها، فلا يكون مريدًا للطلاق إلا بسبب اقتضى إرادته وهو الوطر، مثل إرادته أن يتزوج غيرها ولا يحصل ذلك إلا بطلاقها؛ كما قال تعالى: {وَإِنْ أَرَدْتُمُ اسْتِبْدَالَ زَوْجٍ مَكَانَ زَوْجٍ وَآتَيْتُمْ إِحْدَاهُنَّ قِنْطَارًا فَلَا تَأْخُذُوا مِنْهُ شَيْئًا أَتَأْخُذُونَهُ بُهْتَانًا وَإِثْمًا مُبِينًا} [النساء: ٢٠] ، أو عن إرادة سكنى بلد آخر لا يمكن نقلها إليه، أو طلب مال أو ولاية أو غير ذلك مما لا يحصل إلا بطلاقها، فيطلقها لذلك الوطر، أو عن بُغْضٍ منه لها إما لخَلقها أو لخُلقها أو دينها، ويكون بُغْضُهُ لذلك داعيًا له إلى طلاقها، وإما لطلب أبيه لطلاقها فيطلِّقها طاعةً لأبيه؛ كما طَلَّقَ ابن عمر - رضي الله عنهما - امرأته لَمَّا أَمَرَهُ أبوه عمر - رضي الله عنه - بطلاقها، فسأل النبي - صلى الله عليه وسلم - عن ذلك، فقال: «أطع أباك» (١) ، فإرادته [١٠٧/ أ] لطاعة أبيه وبِرِّهِ اقتضت أَنْ
(١) أخرجه بهذا اللفظ: ابن أبي شيبة (١٩٣٩٧)، وأحمد (٨/ ٣٣٢) وغيرهما. وصححه ابن حبان (٢/ ١٦٩)، والحاكم (٢/ ٢١٥)، والضياء في المختارة (١٣/ ١٧٠). وأخرجه بلفظ مقارب لما ذكره المجيب: أبو داود (٥١٣٨)، والترمذي (١١٨٩)، وابن ماجه (٤٢٦). وقال الترمذي: هذا حديث حسن صحيح.

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