Si la qualification constitue la ʿilla du jugement, ce dernier s’éteint avec l’extinction de sa cause ;
ainsi, ces deux aspects – l’intention de particularisation et la causalité – sont le fondement de l’indication du mafhûm du discours, appelé mafhûm al-mukhâlafah ou encore dalîl al-khitâb (1).
Quant au mafhûm de conformité, il consiste en ce que le jugement portant sur ce qui n’est pas énoncé apparaisse plus méritoire encore que celui appliqué à l’énoncé (2) ; tel est le cas dans la parole du Très-Haut :
« Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté » (Al-Isrâʾ : 31).
S’il est interdit de les tuer par peur de la pauvreté, l’interdiction est, a fortiori, plus stricte encore lorsque la richesse est présente.
Il arrive toutefois que la mention particulière soit motivée par une cause contingente ; elle n’implique alors rien, ni au profit du non-dit, ni en sa défaveur. Ces trois cas existent donc, et la conformité comme l’opposition ne sont établies que par une preuve indépendante ;
la conformité relève ainsi du qiyâs d’assimilation (3),
l’opposition du qiyâs de distinction.
S’agissant enfin des paroles : « Innamā al-mâʾu mina al-mâʾ » (4) et « Innamā al-aʿmâl bin-niyyāt » (5), la particule « innamā » induit l’exclusivité [105/b], comme dans Sa parole :
« Innamā Allāhu ilāhun wâḥid » (An-Nisâʾ : 171),
et elle marque également l’exception après une négation, comme dans Sa parole :
« Wa mâ min ilāhin illā ilāhun wâḥid » (Al-Mâʾidah : 73).