Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Cela indique que le retard de paiement du débiteur indigent n’entre pas dans ce cas, pas plus que la tergiversation de celui qui est dépourvu de tout bien.

Et sa parole :

« Dans le bétail pâturant est due la zakât » (1)

démontre que les bêtes nourries à l’étable (al-ma‘lūfah) ne sont pas concernées ; il ne leur incombe donc pas ce qui est imposé aux bêtes qui paissent.

Si, toutefois, l’on affirme qu’il leur est dû la zakât du commerce, cela ne contredit pas l’indication du mafhûm, car le mafhûm n’a pas de portée générale ; il n’implique pas la négation du jugement énoncé pour toutes les formes non mentionnées en toutes circonstances. Son indication provient uniquement de ce que le manṭûq a été voulu exclusif à cette disposition ; dès lors que cette même disposition ne s’établit pas pour le non-dit comme elle s’établit pour l’énoncé, la spécificité est acquise. Il suffit donc que la zakât des bêtes non pâturant ne soit pas identique à celle des bêtes pâturant.

De même, sa parole :

« Que le ventre de l’un d’entre vous se remplisse de pus jusqu’à ce qu’il le voie est pour lui préférable à ce qu’il se remplisse de poésie » (2)

implique que ce qui est inférieur au remplissage complet n’est pas concerné (3).

L’indication du mafhûm peut également procéder de la ʿilla ; ainsi, lorsque le jugement est rattaché à un nom dérivé approprié, le lieu même de la dérivation constitue la cause du jugement (4), et ce, même si la convenance n’apparaît pas à la majorité. Tel est l’avis le plus répandu parmi les compagnons d’Aḥmad et d’autres, et si

(1) Je ne l’ai pas trouvé sous cette formulation, malgré sa réputation dans les ouvrages d’uṣūl, et al-Mujīb l’a également mentionné dans Majmū‘ al-fatāwā (t. 31/137). L’imâm al-Bukhârî l’a rapporté (n° 1454) d’après le hadîth d’Anas, qu’Allâh soit satisfait de lui, ainsi formulé : « dans la zakât des moutons pour leur brebis gestante (sâ’ima)… ». (2) Rapporté par al-Bukhârî (n° 6155) et Muslim (n° 2257) d’après le hadîth d’Abû Hurayra, qu’Allâh soit satisfait de lui, et attesté chez d’autres dans les deux Ṣaḥîḥ. (3) Dalalât al-alfâẓ de Shaykh al-Islâm, vol. 2, p. 673. (4) al-Fatâwâ al-Kubrá, vol. 6, pp. 237-238 ; al-Ṣârim al-maslûl, vol. 3, p. 659 ; Minhâj al-sunna, vol. 2, p. 42.
يدل على أنَّ مطل الفقير ليس كذلك، وأَنَّ لَيَّ الفاقد ليس كذلك. وقوله: «في السائمة الزكاة» (١) يدل على أَنَّ المعلوفة ليست كذلك، فلا يجب فيها ما يجب في السائمة، ثم إذا قيل: إنه يجب فيها زكاة التجارة، لم يكن في هذا مخالفة لدلالة المفهوم، فإن المفهوم لا عموم له؛ فهو لا يقتضي انتفاء حكم المنطوق عن جميع صور المسكوت في جميع الأحوال، إذ كانت دلالته إنما هي من جهة أن المنطوق قُصِدَ تخصيصه بذلك الحكم، فإذا كان ذلك الحكم لا يثبت في المسكوت كثبوته في المنطوق = حصل الاختصاص، وهذا يحصل بألا تكون الزكاة في غير السائمة كالزكاة في السائمة. فكذلك قوله: «لَأَنْ يمتلئ جوف أحدكم قيحًا حتى يَرِيَهُ خيرٌ له مَنْ أَنْ يمتلئ شعرًا» (٢) يقتضي أَنَّ ما دون الامتلاء ليس كذلك (٣) . وقد تكون دلالة المفهوم من جهة العلة؛ فإن الحكم إذا عُلِّقَ باسم مشتق مناسب كان موضع الاشتقاق علة للحكم (٤) ، وكذلك مع عدم ظهور المناسبة عند الأكثرين، وهو أشهر القولين لأصحاب أحمد وغيرهم، وإذا
(١) لم أجده بهذا اللفظ مع شهرته في كتب الأصوليين، وقد ذكره المجيب ــ أيضًا ــ في مجموع الفتاوى (٣١/ ١٣٧). وأخرجه البخاري (١٤٥٤) من حديث أنس - رضي الله عنه - بلفظ: «في صدقة الغنم في سائمتها ... ». (٢) أخرجه البخاري (٦١٥٥)، ومسلم (٢٢٥٧) من حديث أبي هريرة - رضي الله عنه -، وجاء عن غيره في الصحيحين. (٣) دلالات الألفاظ عند شيخ الإسلام (٢/ ٦٧٣). (٤) الفتاوى الكبرى (٦/ ٢٣٧ - ٢٣٨)، الصارم المسلول (٣/ ٦٥٩)، منهاج السنة (٢/ ٤٢).

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