Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

L’affirmation selon laquelle ce type d’expression implique à la fois l’exclusivité et la généralité est l’avis de la majorité des savants, et cela est connu des disciples de l’imâm ach-Châfiʿî, d’Aḥmad ibn Ḥanbal et d’autres encore (1). Cependant, ils ont divergé : cette implication procède-t-elle du manṭûq (texte explicite) ou du mafhûm (sens implicite) ? Deux positions existent. Ceux qui l’attribuent au mafhûm la placent au sommet des catégories de mafhûm, au-dessus du mafhûm de la « limite » (ghâyah) et autres, et considèrent que la divergence à ce sujet est marginale, sans commune mesure avec celle qui concerne le mafhûm de la qualification ou celui du nombre.

Ce qui est correct, toutefois, c’est que l’exclusivité est établie par la voie du manṭûq et non par celle du mafhûm, qui correspond à la « preuve implicite du discours ». En effet, le mafhûm ne concerne que ce que le locuteur a passé sous silence ; or le manṭûq renvoie au non-dit lorsqu’il le mentionne de façon exclusive alors que rien n’empêche la généralisation. Le fait même de vouloir réserver le jugement au cas explicitement cité implique la négation de ce même jugement pour ce qui n’est pas mentionné, que cette négation englobe tous les individus ou que, pour certains d’entre eux, elle fasse l’objet d’un détail ou d’une restriction [105/a]. Ainsi, l’intention de limiter le décret au cas énoncé démontre que le non-mentionné ne partage pas le même statut que l’énoncé ; et l’existence d’une divergence, fût-ce sous certains aspects, suffit à l’attester.

Ainsi, Sa parole : « Le retard de paiement de la part du débiteur solvable est une injustice » (2) et : « Le refus de s’acquitter de sa dette quand on en a les moyens rend licites son honneur et sa sanction » (3)

(1) Voir : Ikhtiyārāt Cheikh al-Islām wa-Taqrīrātuh fī al-Naḥw wa-ṣ-Ṣarf, p. 151 ; et Dalālāt al-Alfāẓ ʿinda Cheikh al-Islām, t. I, p. 271 ; t. II, p. 508. (2) Rapporté par al-Bukhārī (nᵒ 2287) et Muslim (nᵒ 1564) d’après le hadith d’Abū Hurayra – qu’Allah soit satisfait de lui. (3) Rapporté par Abū Dāwūd (nᵒ 3628), an-Nasā’ī (nᵒ 4689) et Ibn Mājah (nᵒ 2427) d’après le hadith de ash-Shurayd ibn Suwayd – qu’Allah soit satisfait de lui. Authentifié par Ibn Ḥibbān (t. 11, p. 486) et al-Ḥākim (t. 4, p. 114). Voir également al-Badr al-Munīr (t. 6, p. 656) et Irwāʾ al-Ghalīl (t. 5, p. 259).
والقول بأن مثل هذا يفيد الحصر والعموم قول جماهير أهل العلم، وهو معروف من قول أصحاب الشافعي وأحمد بن حنبل وغيرهما (١) ، لكن تنازعوا: هل يفيده بطريق المنطوق أو بطريق المفهوم؟ على قولين، ومن قال: إنه بطريق المفهوم= جَعَلَهُ أعلى مراتب المفهوم، أعلى من مفهوم الغاية وغيره، وجعل الخلاف في ذلك شاذًا ليس كالخلاف في مفهوم الصفة والعدد. والصحيح: أنه يفيده بطريق المنطوق لا بطريق المفهوم الذي هو دليل الخطاب، فإنَّ ذلك إنما يكون فيما سكت عنه المتكلم، فيدل المنطوق على المسكوت إما لتخصيصه بالذكر مع تمام المقتضي للتعميم، وقصد التخصيص بالحكم يتضمن نفي حكم المنطوق عن المسكوت، سواء انتفى عن جميع أفراده أو كان في نفيه عن بعضها [١٠٥/ أ] تفصيل وتقييد، فقصد تخصيص المذكور بالحكم= يبين أنه ليس حكم المسكوت كحكم المنطوق، ويكفي في ذلك الخلاف من بعض الوجوه. فقوله: «مطل الغني ظلم» (٢) و «لَيُّ الواجدِ يُحِلُّ عرضه وعقوبته» (٣)
(١) انظر: اختيارات شيخ الإسلام وتقريراته في النحو والصرف (ص ١٥١)، ودلالات الألفاظ عند شيخ الإسلام (١/ ٢٧١) (٢/ ٥٠٨). (٢) أخرجه البخاري (٢٢٨٧)، ومسلم (١٥٦٤) من حديث أبي هريرة - رضي الله عنه -. (٣) أخرجه أبو داود (٣٦٢٨)، والنسائي (٤٦٨٩)، وابن ماجه (٢٤٢٧) من حديث الشريد بن سويد - رضي الله عنه -. وصححه ابن حبان (١١/ ٤٨٦)، والحاكم (٤/ ١١٤). انظر: البدر المنير (٦/ ٦٥٦)، وإرواء الغليل (٥/ ٢٥٩).

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