Ibn ʿAbbâs a dit : « Le divorce n’est prononcé que pour satisfaire un désir, tandis que l’affranchissement n’est valable que lorsqu’on cherche par lui le Visage d’Allah. » L’auteur a rapporté cette parole selon le sens et y a ajouté quelque chose, car la formulation d’al-Bukhârî n’y comporte ni restriction ni caractère explicitement général, contrairement au tour qu’il lui attribue. Or la condition posée pour transmettre une parole selon le sens est que le degré de clarté ou d’ambiguïté demeure identique.
On répond donc : Quant au fait de rapporter selon le sens, les écoles juridiques ne sont transmises que de cette manière, et la majorité des savants autorise de rapporter les ḥadiths du Messager — paix et bénédiction d’Allah sur lui — selon le sens. Quant aux avis des Ulémas, les savants n’ont jamais cessé de les rapporter d’après le sens, et je ne connais aucune école reconnue qui ait contesté cela, à la différence de la discussion suscitée à propos des ḥadiths.
Si la transmission des doctrines selon le sens n’était pas permise, la plus grande partie de ce que contiennent les ouvrages concernant les opinions des quatre imâms et d’autres encore serait irrecevable ; bien au contraire, les rapporter d’après le sens que l’on sait avoir été voulu par l’auteur est préférable à les rapporter textuellement avec une tournure susceptible d’exprimer ce sens ou un autre. Il se peut en effet que l’orateur ait recouru à un terme dont le sens était clair pour lui, puis que l’usage et la convention attachés à ce terme changent ; celui qui transmet alors ses mots sans restituer l’usage et la coutume qui leur étaient associés conduira les gens à mal comprendre son intention et les amènera à le traiter de menteur, tandis que celui qui transmet selon le sens reconnu comme étant celui qu’il voulait fera que les gens attestent de la véracité de ses propos.
Quant à l’allégation selon laquelle « le transmetteur aurait ajouté au sens », c’est une erreur. De même, l’affirmation que « la formulation d’al-Bukhârî n’implique ni restriction ni généralité » est une erreur de sa part, car la parole d’Ibn