car il s’agit d’une obligation subordonnée à la réalisation d’une condition. En vérité, cette distinction n’a été adoptée par aucun des Compagnons, ni même par un seul des Successeurs ; c’est donc une distinction contredite d’emblée par le consensus antérieur. Revendiquer un ancien consensus pour abolir cette distinction est plus fondé que de prétendre à un consensus affirmant que tout divorce suspendu à une condition, ou assorti d’un serment, prend effet ; d’autant que cette formulation n’a été rapportée d’aucun d’entre eux, encore moins comme faisant l’objet d’un consensus. Quant à ce qui a été transmis de la part de quelques-uns sous forme de fatwâs relatives à certains cas, même si l’on connaît leur fondement, on n’a pas établi que les autres les aient approuvés ; bien au contraire, on sait que les gens les contredisaient, si bien qu’ils ont renoncé à (1) cette voie. Dès lors qu’un désaccord est avéré, la prétention au consensus devient irrecevable ; à l’inverse, lorsqu’aucune divergence n’est connue, la revendication d’un consensus est plus manifeste.
Si l’on objecte qu’aucune position affirmative ou négative n’est établie de leur part concernant l’affranchissement, ce que ces imâms ont pratiqué ne contredirait donc pas la parole des Compagnons. Et si la transmission les concernant est avérée dans l’un des deux sens — comme nous l’avons montré, à savoir que ce qui est authentiquement rapporté d’eux au sujet de l’affranchissement est la nécessité de l’expiation, et non son opposé — cet argument l’emporte encore sur cette opinion.
Quant à l’imâm Aḥmad — qu’Allah l’agrée — n’ayant pas trouvé de texte attestant le serment conditionné par l’affranchissement chez les Compagnons, il n’était, selon sa science, en contradiction avec aucun d’entre eux. Il a en outre cité l’autre tradition [folio 104 a] rapportée d’eux, laquelle impose l’affranchissement et établit l’égalité entre ce cas et les autres quant à l’obligation. Il apparaît donc qu’il a, d’une manière générale, transmis d’eux l’obligation de l’affranchissement ; et s’il a malgré tout distingué ce cas des autres, il ne contredisait pas, selon ce qu’il savait, leur consensus, mais seulement ce récit particulier — le récit d’ʿUthmân — et la négation est identique dans les deux passages.
Seconde réponse : à l’objection suivante : « al-Bukhârî ne l’a pas rapporté avec cette formulation ; sa formulation est plutôt : Il a dit… »