ni par une chaîne de transmission, qu’elle fût rigoureuse ou même faible.
Cependant, certains ont rapporté – à l’instar de ce qu’Aḥmad cite au folio 102 b – l’athar d’‘Uthmân b. Ḥâḍir, d’après lequel les Compagnons auraient émis une fatwā rendant l’affranchissement obligatoire. Or ils ne rendirent cette obligation qu’en même temps qu’ils imposèrent l’aumône et l’immolation d’une vie, assimilant l’aumône à la zakât et, pour le sacrifice, à l’immolation d’une chamelle (budnah).
Si donc cette parole est réellement la leur, elle établit l’égalité entre le serment assorti d’affranchissement et celui assorti de vœu : tout doit être exécuté ; il ne s’agit nullement d’obliger l’affranchissement seul et d’expier le reste. Prétendre, sur la seule foi de cette narration, qu’ils auraient imposé l’affranchissement et prescrit l’expiation pour ce qui n’est pas affranchissement, est un mensonge manifeste à leur encontre.
Même à supposer que le ḥadîth de Laylâ bint al-‘Ajamâ’ ne contienne aucune mention d’affranchissement, il ne serait pas permis d’affirmer, sur la base du ḥadîth d’‘Uthmân b. Ḥâḍir, qu’ils statuaient l’obligation pour l’affranchissement et l’expiation pour le reste ; ce dernier ḥadîth ne comporte en effet qu’une seule fatwā : l’obligation d’accomplir tous les actes, affranchissement compris.
Dès lors, l’intention de celui qui défend la réponse d’Aḥmad est de deux choses l’une :
– soit il veut rapporter des Compagnons qu’ils imposaient l’affranchissement et prescrivaient l’expiation pour le reste : c’est un mensonge flagrant à leur sujet. Aḥmad – qu’Allâh l’agrée – n’a jamais tenu pareille parole, et ceux qui sont au-dessous de lui ne se permettraient pas un tel mensonge évident ; que dire alors d’Aḥmad et de ses semblables !
– soit il veut opposer la narration d’al-Taymî à celle d’‘Uthmân b. Ḥâḍir et soutenir qu’il existe une divergence dans les rapports concernant l’affranchissement : cette voie est recevable, et c’est celle qu’empruntent Aḥmad et d’autres savants. On dira toutefois : la divergence porte à la fois sur l’affranchissement et sur le reste ; ‘Uthmân rapporte l’obligation d’exécuter tous les actes, alors qu’al-Taymî, dans le ḥadîth de Laylâ bint al-‘Ajamâ’, rapporte l’expiation pour l’ensemble. Or lui-même, ceux qui le suivent, vous, ainsi que l’ensemble des savants, donnez la préséance au ḥadîth de Laylâ