Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant à celui dont l’intention vise le sens du serment :
– soit par un vœu formulé isolément, ainsi qu’il dirait : « Il incombe à ma charge, pour Allah, de tuer untel si je le maîtrise, et il m’incombe d’attaquer les Banû Untel », et autres propos analogues ;
– soit en attachant à l’acte une obligation qui deviendrait exigible s’il le réalise, tout en visant par cette condition le serment et non l’obligation elle-même, tel qu’il dirait : « Si j’accomplis telle chose, il m’incombera le pèlerinage et l’affranchissement d’un esclave. »
Cette catégorie relève du serment.

Il est en effet notoire que, si quelqu’un a pour but, par son vœu, une entité autre qu’Allah et n’entend pas par là le serment, aucune expiation de serment ne lui incombe. Si donc les Compagnons avaient annulé l’affranchissement pour la seule raison que l’intéressé ne recherchait pas par celui-ci la proximité d’Allah — et non pas parce que le prête-serment entendait un serment —, il ne se serait pas vu imposer d’expiation de serment. Or, lorsqu’ils lui ont prescrit une expiation de serment, cela indique qu’ils ont considéré l’acte comme un serment, et non comme le cas de celui qui entend vouer pour autre qu’Allah, se rapprocher d’autre qu’Allah, ou affranchir pour autre qu’Allah.

De plus, si la cause avait été celle qu’il a mentionnée (1), aucune expiation n’aurait été requise, ni pour le vœu ni pour l’affranchissement, à l’instar de celui qui voue pour autre qu’Allah. Il est en effet établi que le vœu adressé à autre qu’Allah n’est pas contraignant ; il est, au contraire, nécessaire, pour qu’un vœu soit obligatoire, que le vœu soit engagé envers Allah. Le vœu consiste justement à s’obliger vis-à-vis d’Allah, même si l’on s’y astreint par gratitude pour un bienfait reçu. Voilà l’une des raisons pour lesquelles le vœu a été jugé réprouvé.

Abû Jaʿfar Muḥammad ibn Jarîr, après avoir mentionné les deux ḥadiths d’Ibn ʿUmar et d’Abû Hurayra relatifs au vœu — qu’il n’apporte aucun bien et ne repousse pas le Décret (2) —, dit (3) : « Il ne sied à personne auquel il est attesté que…»

(1) À l’origine : « ذكروه » (ils l’ont mentionné) ; il me semble que la version que j’ai rétablie est la plus exacte. (2) Al-Bukhârî (n° 6608) et Muslim (n° 1639) rapportent, d’après le hadith d’Ibn ʿUmar – qu’Allah soit satisfait d’eux deux –, que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a interdit le vœu, déclarant : « Il n’apporte aucun bien, et on ne l’obtient qu’auprès de l’avare. » C’est la formulation de Muslim. Al-Bukhârî (n° 6609) et Muslim (n° 1640) ont également transmis, d’après le hadith d’Abû Hurayra – qu’Allah soit satisfait de lui –, en hadith marfûʿ : « Ne faites pas de vœux ; car le vœu n’écarte rien du décret divin, et on ne l’obtient qu’auprès de l’avare. » Voici encore la version de Muslim. (3) Je n’ai trouvé cette remarque de Ṭabarî dans aucun des ouvrages dont je dispose, ni chez aucun de ses transmetteurs.
وأما إِنْ قصد معنى اليمين: إما بالنذر المفرد، كقوله: لله عليَّ أَنْ أقتل فلانًا إن ظفرت به، وعَليَّ أَنْ أُغِيْرَ على بني فلان ونحو ذلك، وإما بأنْ يُعَلِّقَ على الفعل ما يلزم إذا قصده، ويقصد بالتعليق اليمين لا لزومه، كقوله: إِنْ فعلت كذا فعليَّ الحج وعليَّ عتق رقبة، فهذا النوع يمين. ومعلومٌ أنه إذا قصد النذر لغير الله ولم يقصد به اليمين لم يكن عليه كفارة يمين، فلو كان الصحابة قد أبطلوا [٩٨/ أ] العتق لكونه لم يقصد التقرب به إلى الله لا لكون الحالف قصد اليمين = لم يكن عليه كفارة يمين، فلما أفتوه بكفارة يمين دَلَّ على أنهم جعلوا هذا يمينًا، لم يجعلوه من باب مَنْ قصد أن ينذر لغير الله أو يتقرب إلى غير الله أو يعتق لغير الله. وأيضًا؛ لو كان العلة ما ذكره (١) لم تجب كفارة لا في النذر ولا في العتق، كمن نذر لغير الله، فإنه من المعلوم أن النذر لغير الله لا يلزم، بل يشترط في النذر اللازم أن يكون الناذر قصد التزامه لله؛ فإنَّ النذر أن يلتزم لله وإن كان قد التزمه على سبيل المقابلة لِمَا حصل له من النعمة، وهذا أحد الأسباب التي علل بها كراهة النذر. قال أبو جعفر محمد بن جرير بعد أَنْ ذَكَرَ حديثي ابن عمر وأبي هريرة في النذر أنه لا يأتي بخير وأنه لا يَرُدُّ القَدَرَ (٢) قال (٣) : (لا ينبغي لأحدٍ ثَبَتَ عنده
(١) في الأصل: (ذكروه)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٢) أخرجه البخاري (٦٦٠٨)، ومسلم (١٦٣٩) من حديث ابن عمر - رضي الله عنهما - أنَّ النبي - صلى الله عليه وسلم - نهى عن النذر، وقال: «إنه لا يأتي بخير، وإنما يستخرج به من البخيل». وهذا لفظ مسلم. وأخرجه البخاري (٦٦٠٩) ومسلم (١٦٤٠) من حديث أبي هريرة - رضي الله عنه - مرفوعًا: «لا تنذروا؛ فإن النذر لا يغني من القدر شيئًا، وإنما أستخرج به من البخيل» وهذا لفظ مسلم. (٣) لم أجد كلام الطبري هذا فيما بين يدي من كتبه، ولا مَن نقله عنه.

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