Quant à celui dont l’intention vise le sens du serment :
– soit par un vœu formulé isolément, ainsi qu’il dirait : « Il incombe à ma charge, pour Allah, de tuer untel si je le maîtrise, et il m’incombe d’attaquer les Banû Untel », et autres propos analogues ;
– soit en attachant à l’acte une obligation qui deviendrait exigible s’il le réalise, tout en visant par cette condition le serment et non l’obligation elle-même, tel qu’il dirait : « Si j’accomplis telle chose, il m’incombera le pèlerinage et l’affranchissement d’un esclave. »
Cette catégorie relève du serment.
Il est en effet notoire que, si quelqu’un a pour but, par son vœu, une entité autre qu’Allah et n’entend pas par là le serment, aucune expiation de serment ne lui incombe. Si donc les Compagnons avaient annulé l’affranchissement pour la seule raison que l’intéressé ne recherchait pas par celui-ci la proximité d’Allah — et non pas parce que le prête-serment entendait un serment —, il ne se serait pas vu imposer d’expiation de serment. Or, lorsqu’ils lui ont prescrit une expiation de serment, cela indique qu’ils ont considéré l’acte comme un serment, et non comme le cas de celui qui entend vouer pour autre qu’Allah, se rapprocher d’autre qu’Allah, ou affranchir pour autre qu’Allah.
De plus, si la cause avait été celle qu’il a mentionnée (1), aucune expiation n’aurait été requise, ni pour le vœu ni pour l’affranchissement, à l’instar de celui qui voue pour autre qu’Allah. Il est en effet établi que le vœu adressé à autre qu’Allah n’est pas contraignant ; il est, au contraire, nécessaire, pour qu’un vœu soit obligatoire, que le vœu soit engagé envers Allah. Le vœu consiste justement à s’obliger vis-à-vis d’Allah, même si l’on s’y astreint par gratitude pour un bienfait reçu. Voilà l’une des raisons pour lesquelles le vœu a été jugé réprouvé.
Abû Jaʿfar Muḥammad ibn Jarîr, après avoir mentionné les deux ḥadiths d’Ibn ʿUmar et d’Abû Hurayra relatifs au vœu — qu’il n’apporte aucun bien et ne repousse pas le Décret (2) —, dit (3) : « Il ne sied à personne auquel il est attesté que…»