l’une des opinions les plus étranges ! Je ne connais aucun savant reconnu et digne de considération qui ait jamais rapporté pareille position ; on ne la cite que chez certains Râfiḍa. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une opinion dont la fausseté est notoire (1).
En effet, l’affranchissement effectué par un mécréant est valable d’après la Sunna authentiquement établie du Messager d’Allâh – صلى الله عليه وسلم – : plusieurs polythéistes ont affranchi un esclave, et le Prophète – صلى الله عليه وسلم – a entériné leur affranchissement, tout comme il a entériné les dons qu’ils avaient faits dans l’intention de l’aumône (2).
‘Amr ibn al-‘Āṣ a rapporté, par ailleurs, que al-‘Āṣ ibn Wāʾil avait voué par serment d’affranchir […] (3).
Or, les actes pour lesquels l’intention de se rapprocher d’Allâh est requise – tels que la prière et le pèlerinage – ne sont pas valides de la part d’un mécréant. Et s’il est avancé que les mécréants, par leur affranchissement, recherchaient effectivement la proximité d’Allâh – raison pour laquelle, selon l’opinion la plus manifeste des deux, ils en seront rétribués lorsqu’ils embrasseront l’Islam –, il en est ainsi comme l’indique le ḥadith authentique de Ḥakîm ibn Ḥizām, lequel dit : « Ô Messager d’Allâh, que dis-Tu des œuvres de piété que j’accomplissais durant la Jāhiliyyah, telles que… »