Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il ne vise nullement à dire qu’aucune expiation ne soit due en pareil cas.
De même, le ḥadith rapporté :

« Il n’y a pas de vœu dans ce que l’homme ne possède pas, ni dans une désobéissance »

a pour sens qu’un tel vœu n’a pas à être exécuté ; il ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’expiation à fournir.

Il est d’ailleurs notoire, d’après les Compagnons, qu’ils ordonnaient l’expiation à quiconque ne s’acquittait pas de son vœu de façon absolue, qu’il porte sur un acte de désobéissance ou sur ce qui dépasse ses capacités. C’est ce qu’ont rapporté Aḥmad et d’autres (1), ainsi qu’al-Bayhaqī (2) avec une chaîne authentique, d’après Hammām : Qatāda nous a rapporté, d’après al-Ḥasan, d’après Hayyāj b. ʿImrān al-Burjumī, qu’un esclave appartenant à son père s’était enfui. Son père fit alors vœu envers Allâh que, s’il le reprenait, il lui couperait la main. Lorsqu’il le rattrapa, il m’envoya auprès de ʿImrān b. Ḥuṣayn pour l’interroger.

ʿImrān déclara : « J’ai entendu le Messager d’Allâh – صلى الله عليه وسلم – exhorter, dans son sermon, à l’aumône et interdire la mutilation. » Puis il ajouta : « Dis à ton père qu’il expie son serment et qu’il passe l’éponge sur son esclave. »

Hayyāj poursuit : Il m’envoya ensuite auprès de Samura b. Jundub, qui dit : « J’ai entendu le Messager d’Allâh – صلى الله عليه وسلم – exhorter, dans son sermon, à l’aumône et interdire la mutilation. » Et il ajouta : « Dis à ton père qu’il expie son serment et qu’il passe l’éponge sur son esclave. »

Al-Bayhaqī commente : « Cette chaîne de transmission est continue (mawṣûl) (3) [93/a] ; toutefois, l’injonction d’acquitter l’expiation y est rapportée à l’état de propos de ʿImrān b. Ḥuṣayn et de Samura (4). »

(1) Rapporté par l’imam Aḥmad dans son Musnad (t. 33, p. 78) et par Abû Dâwûd dans ses Sunan (n° 2667). (2) Dans les Sunan al-Kabîr (t. 20, p. 192, n° 20100). (3) Cette addition provient des Sunan et n’apparaît pas dans le texte original. (4) Voir : al-‘Ilal d’Ibn al-Madînî (p. 208), Irwâ’ al-Ghalîl (t. 7, p. 291) et al-Ṣaḥîḥ d’Abû Dâwûd (al-Am) (t. 7, p. 419).
ليس مراده أنه لا كفارة في ذلك؛ فكذلك ما روي من الحديث: «لا نذر فيما لا يملك ولا في معصية» فالمراد به: أنه لا وفاء بذلك، ليس مراده أنه لا كفارة في ذلك. والمعروف عن الصحابة الأمرُ بالكفارة لمن لم يوف بنذره مطلقًا سواء كان المنذور معصية أو معجوزًا عنه؛ كما رواه أحمد وغيره (١) ، ورواه البيهقي (٢) بالإسناد الثابت عن همام، حدثنا قتادة، عن الحسن، عن هَيَّاج بن عمران البُرْجُمِي أَنَّ غلامًا لأبيه أَبَقَ، فجعل لله عليه لئن قدر عليه ليقطعنَّ يده، فلما قَدَرَ عليه بعثني إلى عمران بن حصين فسألته، فقال: إني سمعت رسول الله - صلى الله عليه وسلم - يحث في خطبته على الصدقة، وينهى عن المثلة. فقال: قل لأبيك: فليكفر عن يمينه، وليتجاوز عن غلامه. قال: وبعثني إلى سمرة بن جندب فقال: سمعت رسول الله - صلى الله عليه وسلم - يحث في خطبته على الصدقة وينهى عن المثلة. فقال: قل لأبيك: فليكفِّر عن يمينه وليتجاوز عن غلامه. قال البيهقي: وهذا إسناد [موصول] (٣) [٩٣/ أ] إلا أن الأمر بالتكفير فيه موقوف على عمران ابن حصين وسمرة (٤) .
(١) أخرجه الإمام أحمد في مسنده (٣٣/ ٧٨)، وأبو داود في سننه (٢٦٦٧). (٢) في السنن الكبير (٢٠/ ١٩٢/ ح ٢٠١٠٠). (٣) هذه الزيادة من السنن، وليست موجودة في الأصل. (٤) انظر: العلل لابن المديني (ص ٢٠٨)، إرواء الغليل (٧/ ٢٩١)، وصحيح أبي داود (الأم) (٧/ ٤١٩).

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