Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

ʿAṭāʾ, à ce sujet, estime qu’il n’incombe à l’auteur [du vœu] ni exécution compensatoire ni expiation [1].

Aš-Šâfiʿî [2] a dit : « Allâh n’a invalidé le vœu relatif à la baḥîra et à la sâʾiba qu’en raison de son caractère peccamineux ; Il n’y a, à ce propos, mention d’aucune expiation, et la Sunna en a décidé ainsi [3]. »

La majorité des savants qui s’opposent à cet avis déclarent : « Le vœu portant sur la baḥîra et la sâʾiba est un vœu voué à autre qu’Allâh, tout comme il s’agit d’une mise hors d’usage pour autre qu’Allâh ; cela diffère du vœu fait pour Allâh, lequel équivaut à un serment prêté par le Nom d’Allâh. Or, si quelqu’un jure par Allâh de commettre un péché puis s’en abstient, il doit acquitter l’expiation du serment selon les quatre imâms et la majorité, conformément à la parole du Prophète - صلى الله عليه وسلم - :
« Quiconque prête serment, puis voit qu’autre chose est meilleure, qu’il accomplisse ce qui est meilleur et qu’il expie son serment » [4]. »

Le vœu destiné à Allâh est plus solennel que le serment prêté par Son Nom ; si celui qui a juré et ne s’acquitte pas de son serment est inéluctablement tenu à l’expiation, à plus forte raison celui qui a voué quelque chose à Allâh et ne s’en acquitte pas doit-il procéder à l’expiation. En effet, l’un s’est engagé par Allâh, tandis que l’autre s’est engagé envers Allâh, et le blâme encouru par celui qui délaisse son vœu est plus grave que celui qui frappe le parjure.

Quant à celui qui prétend qu’aucune obligation n’incombe au sujet du vœu de désobéissance, sa parole est de la même veine – mais plus faible encore – que celle de celui qui affirme qu’aucune obligation n’existe lorsqu’on jure de commettre une désobéissance. Or le Prophète - صلى الله عليه وسلم - a dit :
« Il n’est ni vœu ni serment dans la désobéissance, ni dans ce que le fils d’Adam ne possède pas » [5].
Il veut dire par là qu’un tel vœu n’est pas à exécuter.

(1) Seuls deux ou trois mots nous sont parvenus, dont seul « كن » ; le texte complet est attesté dans les Sunan. (2) Transmis par al-Bayhaqī dans al-Sunan al-Kubrā (vol. 20, p. 183) et dans Maʿrifat al-Sunan wa-l-Athar (vol. 14, p. 195). (3) Dans le texte primitif : « wa » (et) ; cette lecture est confirmée dans les Sunan et dans Maʿrifat al-Sunan wa-l-Athar. (4) Son isnād a été présenté ci-avant (p. 26) ; il figure chez Muslim. (5) Rapporté par Abū Dāwūd (n° 3274) et al-Nasaʾī (n° 3792) d’après ʿAmr ibn Shuʿayb, de son père, de son grand-père, en ces termes (ḥadīth marfūʿ) : « Il n’y a ni vœu ni serment pour ce que l’enfant d’Adam ne possède pas, ni pour un péché contre Dieu, ni pour rompre les liens du sang ; et quiconque jure un serment puis découvre ensuite quelque chose de meilleur, qu’il l’abandonne et fasse ce qui est meilleur ; l’abandon en constitue l’expiation .» Voir également : al-ʿIlal d’al-Daraqutnī (vol. 2, p. 155).
عطاء في هذا: أنه ذهب إلى [٩٢/ ب] [أنه لم يكن] (١) عليه قضاء ولا كفارة. قال الشافعي (٢) : وإنما أبطل الله النذر [في] (٣) البحيرة والسائبة أنها معصية، ولم يذكر في ذلك كفارة، وبذلك جاءت السنة. والجمهور الذين يخالفون هذا يقولون: النذر في البحيرة والسائبة نذر لغير الله كما أنها حبس لغير الله، وهذا بخلاف النذر لله فإنه كاليمين بالله، ولو حلف بالله ليفعلن معصية ولم يفعل = لزمه كفارة يمين عند الأربعة والجمهور كما قال النبي - صلى الله عليه وسلم -: «مَنْ حلف على يمين فرأى غيرها خيرًا منها؛ فليأت الذي هو خير وليكفر عن يمينه» (٤) . والنذر لله أقوى من الحلف باسمه؛ فإذا كان من حلف به إذا لم يُوفِّ فلا بُدَّ له من الكفارة؛ فالناذر له إذا لم يوف فلا بُدَّ له من الكفارة بطريق الأولى، لأنَّ هذا التزم لله وذاك التزم به، والذم لتارك النذر أعظم من ذم الحالف الحانث. ومن قال: لا شيء في نذر المعصية، فقوله من جنس قول من قال: لا شيء في الحلف على فعل المعصية وأضعف، والنبي - صلى الله عليه وسلم - قد قال: «لا نذر ولا يمين في معصية، ولا فيما لا يملك ابن آدم» (٥) مراده: أنه لا وفاء بذلك،
(١) مقدار كلمتين أو ثلاث لم يظهر منها إلا (ـكن)؛ والمثبت من السنن. (٢) نقله البيهقي في السنن الكبير (٢٠/ ١٨٣)، ومعرفة السنن والآثار (١٤/ ١٩٥). (٣) في الأصل: (و)، والمثبت من السنن والمعرفة. (٤) تقدم تخريجه في (ص ٢٦)، وهو في مسلم. (٥) أخرجه أبو داود (٣٢٧٤)، والنسائي (٣٧٩٢) من حديث عمرو بن شعيب عن أبيه عن جده مرفوعًا بلفظ: «لا نذر ولا يمين فيما لا يملك ابن آدم، ولا في معصية الله، ولا في قطيعة رحم؛ ومَنْ حَلَفَ على يمين فرأى غيرها خيرًا منها= فليدعها وليأت الذي هو خير؛ فإن تركها كفارتها». وانظر: العلل للدارقطني (٢/ ١٥٥).

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